Rupture de modèles :
à l'heure du papier jetable,
des livres durables en ligne
Comment défendre des pensées nouvelles, en dehors des autoroutes du rabâchage, dans des formes atypiques ? Désormais, il convient de devenir un phénomène de foire, un "freak" ou un "people". Sinon, il faut faire dans les cases, dans les piles des libraires et des collections éditeurs.
L'innovation est donc interdite. J'ai passé ma vie à réaliser des livres impossibles, hors chemin habituel. Travaillant sur les images, on me disait : "Mais dans quel rayon cela se range ? Art ? Communication ? Cinéma ?¨Photographie ?..." Aujourd'hui, c'est pire au temps du livre jetable vendu en 15 jours comme un magazine.
Je continue pourtant, car il me semble que seule l'exigence est intéressante et que les évolutions en montrent la pertinence. Je continue même en radicalisant le procédé puisque Renverser le monde, par exemple, n'est ni un récit de voyage (en plus sur deux pays comparés, Laos et Mongolie), ni un essai politique ou philosophique traditionnel, ni un mode littéraire, même s'il y participe un souci d'une forme particulière, éclatée.
Tout cela ne relève aucunement d'une hostilité au papier (certains livres furent ou seront édités ainsi). Non, plutôt d'un sentiment d'urgence et d'un parti-pris généreux. A chacune et à chacun de propager ces travaux.
Publication donc en ligne de cinq livres : un roman, L’Homme planétaire, et quatre essais, Pour une philosophie de la relativité ; Vers une écologie culturelle ; Un monde micro-macro. Penser l'ubiquité et la disparité ; et Renverser le monde. Chroniques du Laos, de Mongolie, de Paris et d'autres ailleurs. Les trois derniers livres forment une trilogie que l'on pourrait titrer : Ici et partout. Trois étapes d'écologie critique pour planète mutante. Ils expliquent nos évolutions perpétuelles et le refus d'une norme, fût-elle idéale. Versions françaises (avant traductions).
L’Homme planétaire, écrit sur 30 ans, défend une littérature-monde en réseau, évolutive et discontinue : « l’univers est mon territoire, mon jardin une aventure ». Pour une philosophie de la relativité analyse de façon foisonnante nos nouvelles identités imbriquées, au temps de la circulation exponentielle des informations. Vers une écologie culturelle secoue les certitudes ethnologiques dans un livre à plusieurs voix qui s’applique à annoncer la nécessité de diversifier la diversité, pour ne pas simplement la défendre dans des conservatoires figés mais permettre inventions, évolutions, innovations. Un monde micro-macro cherche à bousculer nos certitudes au temps de l'ubiquité et de la disparité. Ce livre ouvre des pistes pour la vie individuelle et l’organisation collective. Il dessine un droit à l’isolement choisi et un droit au mouvement. Renverser le monde consiste tout simplement à faire comprendre que, dans notre planète relative, il est devenu aberrant de ne continuer à regarder qu'à partir d'un "développement" d'Europe et d'Amérique du Nord qui a montré des failles terribles, tant pour l'environnement que pour l'état moral de ses populations, fondé de surcroît sur des déséquilibres économiques inacceptables. Chaque spectateur-acteur, de partout, doit penser et repenser son mode de vie personnel en intervenant sur le vivre-en-commun, pour des co-évolutions variées. Les notions abstraites de travail et de loisir sont à repenser par une défense de travail équitable (du coup plus productif aussi), la préservation de cultures vivrières et de micro-productions, avec et par une conception active de la consommation durable : l'injustice et la gabegie destructrices forment des dysfonctionnements collectifs patents, à stigmatiser comme tels.
Par ailleurs, dans la guerre mondiale médiatique, le transculturalisme actuel est soit un brouillage déqualifiant des repères en « voie moyenne générale » ou la chance de varier les choix individuels. Alors, bien au-delà d’un vieux choc de civilisations, nous sommes placés devant l’enjeu central à venir : la volonté d’établir une norme dans tous les domaines (politique, religion, économie, morale, culture…) ou de défendre et multiplier les diversités. Unité ou pluralités, clone ou exceptions, autoroute ou marges, il s’agit d’accepter l’altérité et de la souhaiter, ou de la condamner. Ici et partout. Voilà donc des appels urgents à l’éveil des consciences.
« Dans un monde où le livre est devenu du parler-écrit jetable, déversant des confessions pour jeux olympiques de la douleur –du marketing émotionnel--, je ne me résoudrai jamais à abandonner l’exigence. Aussi vous est offerte la possibilité de lire en ligne ou d’imprimer ces cinq ouvrages.
A vous de les commenter, à vous de les porter. »
| Pour une philosophie de la relativité |
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| Vers une écologie culturelle |
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