Le collage, le ready made, le cut up, le détournement furent assurément des caractéristiques majeures du XXe siècle. Une forme d’insolence face aux produits industriels que Picasso et Braque utilisèrent tôt dans le cubisme. D’une façon nonchalante, le groupe de Bloomsbury sut user du dépareillé, de la récupération, entre brocante et réinvention. Voilà ce qui hante nos temps.
Non pas, comme on l’a cru à tord, un post-modernisme, car le modernisme contenait en lui-même son auto-dérision entre Dada et pop-art. Ni même une vague de compilations nostalgiques (parfois vomitivement kitsch comme celles du décorateur Jacques Garcia). Mais une forme de concordance des temps et des civilisations. Au moment où le portable hante les steppes et les savanes, le tissu dogon se propage, même fabriqué en Chine.
L’interpénétration devient patente, tandis que le « second hand » ou third, ou fourth… permet de recycler. La consommation à outrance d’un « nouveau » pas si nouveau arrive à son terme. Nous pénétrons le temps du choix, qui peut être aussi celui du mouvement et du caprice.
Chacune et chacun diversifie la diversité. Voilà vraiment notre ère rétro-futuro et locale-globale, où nous allons pouvoir nous déterminer et évoluer. Plus que jamais "pluro-futuro". Amusons-nous. La mort arrivera assez vite.
Il fait bô...