Je suis ce Dark Vador surgi de l'espace. Par -30° et des vents de 100km/h, j'avais un bon alibi pour devenir cosmonaute. Enquête passionnante au Nunavik grâce à la collaboration avec le Musée de la civilisation à Québec. J'étais tout au nord à Kangirsujuaq. L'accueil de ce petit village inuit de 600 habitants fut formidable. J'ai pu y connaître tant d'aspects en peu de temps, de cet hiver qui n'arrivait pas avec le réchauffement climatique (plus d'un mois et demi de retard, la mer non gelée, de la pluie même...) aux modifications des modes de vie : grand écart entre un confort à l'américaine et des pratiques collectives d'organisation fondées sur les pratiques ancestrales de la chasse et de la pêche. Ce fut une confirmation de nos identités hybrides et imbriquées, partout, dans ce monde relatif.
De là-bas, j'ai rapporté une matière très riche permettant de monter une exposition itinérante, d'enrichir notablement les collections du Musée du vivant et de faire un film dont le montage a commencé.
De retour par miracle (l'aéroport fermait une heure après mon décollage pour tempête de neige et l'est toujours), j'ai une pensée affectueuse pour Pierre et Jessica, qui m'ont hébergé et ouvert toutes les portes, et de la reconnaissance pour Markusi, le directeur du parc des Pingualuit, et Noa et Timoté et toute l'équipe des guides qui m'ont accepté dans leur expédition épique au lac-cratère de météorite. Irréel, entouré de glace et de neige, parfaitement rond, avec une eau pas gelée contrairement à tous les lacs alentour et un nuage noir et circulaire au-dessus comme un couvercle...
Alors, quand je suis rentré dans notre petite France affolée par 5cm de neige et vivant "l'enfer", j'ai eu honte pour la grande maison de retraite moisie que nous nous sommes construite. Il est temps de respirer, de sortir, de regarder au-delà du périphérique, de penser à nos enfants et d'inventer des futurs. J'espère que nous allons enfin nous intéresser aux vraies questions, réinventer notre vie locale pour parler au monde.