APPEL : remise à plat du service public télévisé

APPEL

Un service public télévisé dévoyé : exigeons une remise à plat !

Ce qui vient de se passer sur FRANCE 2 (11 mars 2011) devrait conduire à prendre des mesures d’urgence. Une émission de seconde partie de soirée a en effet été consacrée à faire la promotion d'un livre d'anecdotes historiques de Stéphane Bern, présentateur par ailleurs de la chaîne : collusion d'intérêt inacceptable. Bern est de plus donné comme modèle de l'historien : insulte au travail historique et signe de l'écroulement culturel total. Il est d'ailleurs le seul à rappeler qu'il n'est pas historien.

Les mots ne veulent plus rien dire dans ce monde de l'apparence. Quel modèle pour nos enfants ? Il importe donc de redonner leur valeur aux termes, sa dignité au travail, du respect aux chercheurs. Ce scandale de collusion d'intérêt et d'insulte au labeur scientifique devrait éclater, en analysant par le menu la nature des pratiques et des programmes. Le plus étonnant est que de tels faits n’émeuvent plus personne. Il s'agit pourtant d'un détournement d'argent public à l'heure où les médias vont mal et où une véritable pluralité est nécessaire.

Que fait le Conseil supérieur de l'audiovisuel ?

Pourquoi un tel silence (le reste de l’émission consistant d’ailleurs pour le Directeur du magazine Le Point, patron de l’émission, à faire la promotion du livre du directeur du magazine Marianne) ? Parce que beaucoup ont démissionné en ne regardant plus cette petite lucarne ? Parce qu'ils ont peur d'être bannis des écrans, alors que c'est déjà matériellement le cas et que même une chaîne comme France 5, censée être éducative, sert à recycler les journalistes en ne donnant à aucun scientifique ou pédagogue la moindre maîtrise sur un programme ? Les médias se plaignent de leur mauvaise image dans l'opinion publique, mais ce genre de copinage patent par des multicartes est visible et dégoûte beaucoup en silence. Ne rien dire décrédibilise encore plus la sphère médiatique : ce n'est pas son intérêt.

Il est donc temps de mettre en place un code de déontologie clair pour empêcher de telles pratiques (comme lorsque le journal Le Monde signale les ouvrages de ses collaborateurs dans une rubrique à part) et de redonner du sens aux mots "service public" (en l'occurrence en invitant de vrais historiens pour parler d'histoire).
Le savoir et la création doivent trouver ou retrouver une visibilité, parmi les modèles de notre société. C'est toute la conception du service public télévisé qui doit être repensée --ou ce dernier supprimé.

La chose est suffisamment grave pour que le Conseil supérieur de l’audiovisuel et nos deux Assemblées se prononcent. Il est de plus de l’intérêt même des médias et de leur image dans l’opinion publique que certaines pratiques cessent.

Un rapport à l’issue d’une grande enquête est désormais nécessaire pour assainir le fonctionnement de France Télévisions et que les mots « service public » aient un sens autre que l’appropriation de l’argent public par quelques intérêts privés,
tout en ouvrant la visibilité sociale au savoir et à la création, bannis des écrans.


Soutenez cet Appel sur ce site : www.gervereau.com en allant  sur "contact" (Laurent Gervereau est Président de l’Institut des Images). L’Appel a été officiellement adressé aux Présidents de l’Assemblée nationale, du Sénat et du Conseil supérieur de l’Audiovisuel. Il est soutenu et publié par la Ligue de l’Enseignement.

Je publie avec cet Appel une photo de Jean-Pierre Vernant fouillant en Grèce, un de ces personnages à côté desquels la télévision est passée, comme Georges Charpak ou Edouard Glissant et tant d'autres.

Post Scriptum : la librairie Encre de Chine (51 bis rue Lamarck 75018 Paris-FRANCE) est devenue le dépositaire de la brochure SEE / Socio-Ecolo-Evolutionists ! (regardez "lire plurofuturo / SEE" sur ce site et allez sur www.see-socioecolo.com)  et de la bande dessinée Mixplanet.


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