Echanges de générosités, Borloo, le cas DSK
ECHANGES DE GENEROSITES, BORLOOEEN ? ET LE FAMEUX CAS DSK

ECHANGES DE GENEROSITES

Le 11 mai 2011 à 11h eut lieu au château de Grignon près de Versailles (où sont basées les collections du Musée du Vivant) un petit moment magique. Dans un happening par un temps irréel, l'artiste suisso-libanais Hafis Bertschinger déroula 10 peintures géantes en cascade de 10 mètres de long, comme 10 langues aux fenêtres, sur la façade du château. Il fut aidé avec enthousiasme par l'équipe du site et du musée, tandis que quelques invités de Suisse, ou d'Afrique du Sud, de Corée et d'Australie regardaient, médusés, depuis les pelouses, cet hommage à René Dumont et à la nature. Un vent malin se chargea de faire vivre ces oeuvres. Tandis que chacun et chacun, dans cet échange de bonnes volontés entre un artiste et une institution, songeaient, perdus, à ce que pouvait être un moment de grâce.

Un film de l'événement sera projeté à 15h30 le jeudi 9 juin lors du grand hommage à René Dumont au 16 rue Claude Bernard (venez nombreux, c'est là, nulle part ailleurs et à aucun autre moment ! gratuit bien sûr). Une nouvelle économie de la générosité, du don réciproque, se met en place.

ET COMMENT NE PAS ETRE BORLOOEEN : un peu d'analyse politique ?

Il y eut le système booléen, voici l'apparition des Borlooéens. Je récupère  en effet un tract du parti radical émancipé de l'ex-ministre Jean-Louis Borloo. Il est titré : "Vous êtes républicain, écologiste et social ?" Bof oui, après tout. Comme SEE (www.see-socioecolo.com),  il insiste sur la durabilité et la justice sociale et se revendique d'une pensée "différente". C'est donc du "ratisse large". Heureusement que SEE a publié et diffusé largement son programme, car sinon on penserait à de la copie.

Les intentions sont donc bonnes. L'affichage est éloquent et insiste sur les points qui nous semblent importants. Mais la question reste évidemment politique : comment concilier cela avec un positionnement à droite et un soutien à Nicolas Sarkozy au second tour (si ce dernier y parvient) ?

Personnellement, même si j'ai été sidéré par les débuts de présidence (Fouquet's, yacht, Carla...), j'ai toujours refusé la diabolisation, attendant les actes. Aujourd'hui, à l'heure du bilan, cette présidence qui se voulait réformatrice, s'avère brouillonne, sans ligne directrice, et surtout avec  la gestion hyper-autoritaire d'une petite clique se défiant de l'appareil d'Etat et dressant les Français les uns contre les autres, tout en ne cessant d'orienter les débats autour des thèmes du Front national au lieu d'enfin prendre en compte la mondialisation pour y peser. Il serait catastrophique de doubler la mise. UNE PRESIDENCE VERSATILE ET DESTRUCTRICE, sans vision, autoritaire, favorisant une petite oligarchie.

Nicolas Hulot a dû dire finalement qu'il appellerait à voter contre Sarkozy au second tour. Borloo est coincé politiquement : comment affirmer que s'il n'est pas le candidat de droite au second tour, il n'invitera pas à voter Sarkozy ? Du coup, toutes ces bonnes intentions deviennent un écran de fumée pour candidat d'appui au président actuel.

Il est donc temps de penser de véritables alternatives pour que la gauche --voir la panne idéologique des socialistes-- invente enfin des idées pour aujourd'hui.

LE CAS DSK

Dans le maelström sur l'affaire DSK, trois constatations. D'abord, l'hallali public brutal montre bien les excès du news market (il ne faut pas fournir des informations, mais les vendre). En images, on a la fin du film avant qu'il ait commencé (le procès). Une curée et de grandes hypocrisies dans cet extrême décalage entre l'événement (un procès pas commencé) et les scènes livrées.

Deuxièmement, la théorie de la relativité se vérifie encore avec deux points de vue radicalement différents des deux côtés de l'Atlantique sur exactement les mêmes informations. Aux Etats-Unis --ce qui semble plus logique-- la victime apparaît comme la plaignante (pauvre et disant avoir subi des sévices). En France, du moins dans un premier temps, les rôles étaient inversés. 

Enfin, toute cette affaire --quelle qu'en soit l'issue-- montre l'extrême fragilité de ce candidat putatif, dont l'image --très "sarkozienne"-- est aux antipodes des attentes d'une population subissant dans sa majorité la hausse hallucinante de l'immobilier, celles des produits de la vie quotidienne et le chômage. DSK était de fait (il le pressentait apparemment) un candidat "fragile", constituant une bombe à retardement pour la gauche. La crise ayant eu lieu avant même toute déclaration de candidature, voilà les socialistes libérés d'un danger considérable et d'une erreur stratégique patente (un piège béant construit par la droite ?).  Maintenant, ils doivent prendre en mains leurs responsabilités historiques : union, solidarité, ouverture pour rassembler (sur les questions centrales de justice et d'écologie, dans une vision claire de la mondialisation  avec un dialogue local-global, toutes choses mises en avant par SEE depuis longtemps). La route est droite, essentielle pour la communauté française, même si les périls ne cesseront pas --n'en doutons nullement.

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