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LA CRISE ?
7 MILLIARDS DE DUPES...
Qu’entend-on ? La crise, la crise, la crise. On entend cela en fait depuis 1973, soit presque 40 ans. N’y aurait-il pas duperie sur la nature de la crise ? Menace pour faire peur et réduire à l’impuissance, de manière à ne rien changer dans nos formidables injustices ? Les riches ne sont pas en crise. Des nomades ne sont pas en crise. Nous choisissons nos périls. LA VRAIE CRISE EST CELLE DE NOS CROYANCES ET DE NOS MODES DE VIE. Les sacrifices ? Voyons plutôt les gâchis, les aberrations, les passivités d’enfants gâtés dépressifs, les accumulations aberrantes de ressources. Choisissons nos modes de vie plutôt que de subir des consommations inutiles, la dictature de l’argent contre le don ou l’échange, l’isolement et l’esclavage mental.
Quelques-uns d’entre nous disent que nous allons être 7 milliards. Rien moins que cela ! 7 milliards d’exemplaires de l’espèce humaine. Au secours ! Nous sommes noyés par le nombre. Libres ? La question ne se pose même plus. LA DIVERSITE DIMINUE QUAND TOUT SE MULTIPLIE. Voilà une crise majeure.
Les agronomes pensent que ces 7 milliards peuvent être alimentés. Nous parlons aux 7 milliards. Comment allons-nous vivre ? 7 milliards d’esclaves ? Brrrrrr…
T’es tout ? T’es rien ? Ces 7 milliards –nous et nos langues-- sont tous issus de l’Afrique, d’où « homo sapiens » aurait essaimé voici quelques 60 000 ans. Ce n’est pas très ancien. Dans leur prétention, certains ont imaginé et imaginent remodeler la planète suivant leurs volontés et le « progrès ». Quelle vanité. Un grand hôpital pour 7 milliards de patients consommateurs passifs ?
Nous constatons enfin que les choses sont relatives et que la satisfaction individuelle d’un Wayana en forêt, d’une New-Yorkaise riche ou d’une Berlinoise pauvre sont des notions très complexes, mettant en jeu l’individu et son environnement. LE TEMPS DES CONSOMMATEURS-ACTEURS EST VENU, de l’abolition des barrières entre travail et loisirs, de l’orientation de sa consommation et de son utilité sociale. Le temps aussi d’une conjugaison des générations dans un vrai débat ouvert sur les notions de durée, de qualité, de choix de sa fin quand cela est possible.
D’où notre premier appel à un grand TRI RETRO-FUTURO. Où que nous soyons, réfléchissons à notre environnement, à ce que nous voulons garder, ce que nous voulons jeter, ce que nous voulons transformer. Ce tri se fait au niveau local et se fait savoir au niveau planétaire dans un grand débat mondial.
Ce tri participe également d’une réflexion globale sur le devenir matériel et spirituel de la planète. Les pollutions, l’extinction des énergies fossiles et la destruction physique et culturelle de régions entières, sont des questions de survie commune. L’obsolescence, la surconsommation, la multiplication de produits inutiles également.
Il est temps de clamer l’unicité de la condition terrienne quand les catastrophes se propagent d’un continent à l’autre. Il est temps aussi de comprendre l’absence de modèle unique quand l’Europe ou les Etats-Unis semblent en régression dans des crises successives avec ces empires spéculatifs (ou pas). L’injustice, la destruction de l’environnement et les dépressions généralisées condamnent ce modèle. IL EST TEMPS DE TOUT REMETTRE A PLAT. L’obligation de la preuve s’est inversée : c’est à cette civilisation industrielle de prouver son efficacité réelle, sa pertinence pour le plaisir et la sérénité des habitants. Pas l’inverse. Et l’Inde ou la Chine ne peuvent sombrer dans les mêmes erreurs niant leurs cultures
Il est nécessaire en fait d’encourager à des cultures et des modes de vie variés, à des croissances diversifiées. On ne veut pas vivre de façon identique à Shangaï, Paris, Bamako ou chez les Aborigènes du Nord australien. La grande leçon de l’évolution est celle-là : la perfection est illusoire et mortifère, l’arrêt de l’histoire, un mensonge criminel. Il est temps de comprendre que si chacun peut choisir son interprétation du monde philosophiquement ou religieusement, PERSONNE NE PEUT IMPOSER UNE VISION UNIQUE ET UNIFORME, quand bien même ce serait sous l’angle de l’hygiénisme, du supposé intérêt individuel commun. Il n’est d’ailleurs pas souhaitable que cette vision s’impose, car les marges, les erreurs, les anormalités, ont toujours nourri ou sauvé la pensée majoritaire. C’est donc une pensée plurielle, évolutionniste, que nous appelons. Elle accompagne et modèle un monde en transformations : plurofuturo. Cela bannit le dogme figé, exclusif, fondé sur des rites (religieux ou laïques) : monorétro. Du moins un dogme imposé à tous.
Une telle conception organique d’un mouvement semblable à la vie terrestre –qui en est la poésie—conduit à des attitudes de fatalisme dynamique. Fatalisme, car statistiquement la catastrophe est aussi probable que l’événement heureux. Dynamique, car la caractéristique et la noblesse des actions humaines consistent dans son mouvement, qu’il soit pour construire ou pour vivre en sociétés. Ce mouvement s’aide de l’étude critique du monde. Ecologique : il considère le devenir des humains au sein de leur environnement. Social : il songe à des boussoles éducatives utiles à chaque enfant pour savoir cet environnement et choisir ses comportements, à chaque adulte afin de s’orienter. Il est un combat constant pour la justice, non pour l’égalité mais pour l’égalité des chances et surtout la diversité. LA VIE TERRESTRE N’A PAS BESOIN DE CLONES MULTIPLIES MAIS DE LA COMPLEMENTARITE DES ESPECES ET DES EXEMPLAIRES SINGULIERS.
Ainsi, l’enjeu est de combiner des objectifs communs minimaux et évolutifs de survie avec de multiples déclinaisons de comportements. PAS DE PLANETE NORMALISEE ; MAIS PAS DE REALITES EMIETTEES, SANS LIEN NON PLUS. Partout, les frontières n’ont aucun sens à l’heure de nos identités imbriquées. Partout, elles pourraient d’ailleurs se subdiviser dangereusement en autant de communautarismes différents. Nous le voyons en Chine, en Inde, en Syrie, en Egypte comme en France (communautés religieuses ou régionales –Bretons, Basques, Alsaciens…). Le bon niveau est local et expérimental. Il doit s’inscrire dans des préoccupations mondiales avec des solidarités actives autour d’un pacte humain évolutif : LOCAL-GLOBAL.
Dans ce cadre, arrêtons la sale tendance du mépris du savoir et de la création, tendance uniquement destinée à manipuler des foules ignorantes et captives, acculturées. Il faut réévaluer l’exigence et la valeur des connaissances, de l’éducation au long de la vie, de la curiosité. Il faut cesser de détruire des savoirs traditionnels utiles pour comprendre son environnement et son histoire. Ainsi, nous avons besoin partout de connaître l’histoire locale depuis les temps les plus anciens, dans le cadre des grandes évolutions planétaires : histoire stratifiée. Cela est vrai également pour la/les musiques ou la production visuelle humaine. Le comparatisme est une dynamique essentielle de la pensée. Mathématiques, physique, chimie, économie, restent, dans ce cadre, des outils mais aussi des objets de débats.
En forêt tropicale, nous apprenons la flore et la faune et le climat et la géographie et la médecine avec les ressources locales. Partout, nous devenons des SPECTATEURS-ACTEURS, transmettant nos envies et nos colères, notre quotidien et nos visions du monde. C’est à un GRAND BIG-BANG PACIFIQUE de nos comportements individuels et collectifs que nous appelons. Une conscience solidaire et multiple des vivre-en-commun.
Continuons l’aventure humaine dans nos espaces en transformations. Restons passionnés et exigeants, liés entre nous et misanthropes, philosophes de la relativité ouverts à toutes les autres conceptions du monde --qui ne soient pas exclusives et dominatrices, prosélytes et arrêtées. Egoïstes intelligents, qui comprenons que notre épanouissement se multiplie avec celui des autres.
PESSIMISTES ACTIFS. L’ère des « homo diversus » arrive. Ils ne seront jamais sages. Puissent-ils échapper aux périls.
Heloisa, Mitiarjuk, Laurent
(www.see-socioecolo.com)