Cela fait des mois que nos amis québécois, avec Pierre, nous alertent sur l'incroyable soulèvement de la dignité des étudiants. L'accumulation des mesures obscurantistes depuis des années a bloqué soudain sur le relèvement des tarifs à l'université. C'est un combat qui occupe en fait la planète : arrêter de favoriser les intérêts temporaires de quelques-uns pour prendre en compte les intérêts durables de tous. Cette question basique de JUSTICE est aussi une question de DURABILITE, quand certains s'octroient le droit de polluer et de détruire physiquement et culturellement des régions entières pour des intérêts à court terme, quand des politiques se voilent volontairement la face sur ce qui se passera dans 5, 10 ou 20 ans.
Nous sommes sur le même navire, avec les même enjeux que les Québécois (ou d'autres). Justice et durabilité ? Il y avait "just do it", nous entendons déjà des JUST DU !
Post Scriptum : Nous entendons parler de plus en plus ces temps-ci de "social-écologie". Tant mieux, car cela fait des années que j'affirme les enjeux de justice et de durabilité comme centraux (www.see-socioecolo.com). Il est indispensable de lier ces courants de pensée et de bâtir de grands mouvements sociaux-écologistes dans le monde. Quand, philosophiquement, ces organisations auront intégré la dimension évolutionniste (le choix du mouvement avec le refus de l'illusion d'une société parfaite) et le principe de relativité (la défense de la diversité et le rejet d'une société normée), nous aurons avancé dans une confrontation des idées toujours à mener. Cela permettra de disposer d'une vraie pensée du futur, de valeurs communes, au lieu de laisser le terrain aux néoréactionnaires et à la copie peureuse d'un passé mythifié (c'est-à-dire tel qu'il n'a jamais existé, en en oubliant toutes les horreurs et les tares). Ajoutons qu'à l'ère d'Internet, les technocraties vont vite s'apercevoir qu'il n'est plus possible de décider sans associer les populations. C'est donc à un réveil du local dans un dialogue global que nous allons assister, sur fond de crise de confiance généralisée. Soit la fermeture des frontières et le repli sur le passé, soit l'évolution et la solidarité planétaire.
A Rio ou ailleurs, le court-termisme est notre ennemi, il est lâche et souvent criminel. Ici, c'est dans une indifférence générale que nous apprenons la caractère cancérigène des moteurs diesels, tandis que nous subissons --sûrement pour des raisons croisées-- une épidémie de cancers. Ma mère meurt après s'être longuement ou brutalement dégradée. Partout, autour de nous, la mort lente nous accompagne.