Il neige : je pense au Mali

Un troupeau rentre le soir au Sahara, partie nord de Tombouctou.

Quand j'ai tourné fin 2009 le film "La pauvreté, c'est quoi ?", au titre volontairement provocateur, je m'imaginais peu qu'il deviendrait un témoignage précieux (je devrais d'ailleurs faire un second film avec les centaines d'heures de rushes inutilisées, comme celles du long historique de Tombouctou et la visite de toutes les bibliothèques publiques ou privées). Seuls des Maliennes et des Maliens, célèbres ou non, y parlent. Il nous promène --en interrogeant les stéréotypes sur l'Afrique-- entre Bamako, Ségou, Mopti, le pays Dogon, Tombouctou et le Sahara, jusqu'à l'ouest à Kayes et au fleuve Sénégal près de la frontière mauritanienne, frontière de l'immigration.

Ici, il neige sur la butte Montmartre. Montmartre-sur-Canada. Par ailleurs, j'ai 57 ans depuis hier et suis heureux d'aller vers la soixantaine, accompagné par un tanuki malin et épanoui. Oui, il est temps d'avancer. Glissant sur les flocons, je pense à mes amis maliens, à ce pays des Peuls, des Bambaras, des Dogons, des Bozos ou des Touaregs, que j'ai vu vivre en paix, en harmonie, en complémentarité. Bientôt, l'exposition à succès du parc René Dumont "Le Mali, derrière les images" du Musée du Vivant sera téléchargeable gratuitement en ligne sur le site www.decryptimages.net. Elle a été écrite en croisant les mains dans l'amitié entre Aminata Traoré, Abdoulaye Camara, Marc Dufumier et moi-même. Voilà une seconde façon de mieux connaître ce pays, les enjeux de l'Afrique aujourd'hui et la question des représentations du continent.

← Tous les regards