FRANCE BOUGE !

Des textes, des appels divers et sans effet, vous en avez vu passer...

Pourtant, est-il possible de supporter encore l'ambiance délétère et autodestructrice qui s'est installée en France ?

Soutenez ce texte (here@see-socioecolo.com) et faites-le circuler, comme je le fais. Il insiste sur 6 axes d'actions prioritaires pour sortir du marasme actuel en redonnant des objectifs communs avec une lisibilité stratégique. Notons que parallèlement le malaise profond touche beaucoup de peuples engagés dans le mouvement SUBITO ! (voir l'article à ce sujet sur www.globalmagazine.info), c'est-à-dire qui n'espèrent plus rien des super-structures et des Etats dépassés ou corrompus mais s'organisent de façon alternative à la base en réseaux

France bouge !


Nous ne supportons plus le climat délétère qui s’est installé en France. La morosité règne en effet partout dans un esprit de dépréciation idiot et nocif. Ce pays a pourtant des atouts mais il se comporte de façon bipolaire comme un grand déprimé : des cocoricos hors de propos ou, au contraire, la morne résignation du pré-suicidé.

Il est temps d’ouvrir des perspectives grâce à une vision claire de la situation et du futur. L’actuel Président de la République a axé sa campagne électorale sur le changement et la jeunesse. Alors, parlons changement et donnons des perspectives à la jeunesse. Balayant la petite tambouille comptable qui occupe les écrans, parlons orientations stratégiques :

- La France est à la fois un grand et un petit pays. Elle est un grand pays par son histoire et le rôle de ses intellectuels dans une conception universaliste de la condition humaine. Elle est un grand pays par sa culture, son tourisme et certains aspects de son économie, ainsi que par la pratique de sa langue au-delà de ses frontières. Elle est un petit pays par l’étendue limitée de son territoire et de ses ressources. Elle dépend de l’Europe et s’inscrit sur une planète multipolaire interdépendante. Elle n’est plus le lieu central des arts et des idées. Voilà. Mais cela empêche-t-il d’inventer ? De proposer, avec d’autres, des solutions d’évolutions planétaires ?

- Le repli sur soi est de toute façon devenu impossible à l’ère d’Internet, quand la défense du local, elle, devient indispensable. Même les partisans du Front national croient-ils vraiment à la fermeture des frontières ou voient-ils leur attitude comme un baroud d’honneur pour défendre une vision du pays héritée du nationalisme version XIXe siècle ? Notre réalité est stratifiée entre le local, le régional, le continental et le terrestre. Il importe à cet égard de simplifier enfin dans l’hexagone les niveaux de décision. Surtout, avec ce nouveau contexte local-global, l’urgence réside dans la revivification de la démocratie du plus proche : consulter régulièrement les citoyens, soutenir les initiatives de terrain, laisser émerger les propositions. Cela se conçoit définitivement dans une perspective rétrofuturo, c’est-à-dire de choix entre des traditions que l’on veut perpétuer et là où la population souhaite innover. Dans ce cadre, la conception de l’économie s’ouvre, en prenant en compte tout ce qui fait le vivre-en-commun, économie de la gratuité, de l’échange, micro-marchés, coopératives et mutualisme, pratiques aidées publiques-privées, protection des productions locales…

- La crise politique et morale actuelle ne saurait se résoudre ni dans un « tous pourris », ni dans des réformes de façade. Disons-le, personne n’a intérêt à l’écroulement du pouvoir socialiste malgré son inertie coupable ne donnant aucune perspective réelle hors les restrictions budgétaires. Personne, ni la droite, ni la gauche, ni donc surtout le pays. Pourtant, la coupure de l’oligarchie avec l’immense majorité de la population est grave. Les notables se perpétuent en meute, volant un véritable choix démocratique. Nous avons donc majoritairement à craindre des désordres et des solutions radicales liberticides. La démocratie se reconstruit d’abord par la moralisation, la mise au jour des patrimoines (sans chasse aux sorcières) et surtout l’arrêt des possibilités de détournements d’argent, la justice fiscale, l’impossibilité des collusions d’intérêt, la lutte contre l’opacité et des lobbies identifiés, le bannissement des cumuls délétères (ou des postes à vie). L’usage du référendum local et national doit être revivifié, non comme une forme de plébiscite mais comme moyen d’obtenir sur certains points des arbitrages réguliers du peuple. Parallèlement, il est temps de diversifier l’origine des représentants à tous niveaux et de placer la mixité sociale comme un impératif premier.

- Cessons de stigmatiser d’un côté un Etat bureaucratique et inefficace, de l’autre des entreprises d’exploitation capitalistique. Réformons. L’Etat n’a de sens que s’il est efficace. Au temps d’Internet, il doit repenser son organisation et ses missions en limitant la part des administrations centrales pour valoriser celles et ceux qui oeuvrent en contact avec le public : décongestionnons et décentralisons l’Etat, clarifions le contenu de ses missions. Du côté des entreprises, la question n’est plus ni celle du profit ni celle du marché, mais celle de la répartition du profit et de l’usage du marché. Les entreprises apportent de l’innovation qu’il faut absolument encourager (notamment tout ce tissu si précieux des petites et moyennes entreprises), comme d’ailleurs l’économie sociale et solidaire. Aux citoyennes et citoyens de devenir des spectateurs-acteurs et des consommateurs-acteurs. Alors, nous verrons fleurir des entreprises éthiques par intérêt, éthiques par rapport aux fournisseurs, éthiques en fonctionnement interne et dans leurs relations avec les clients.

- Il importe de clairement s’engager vers la durabilité environnementale. L’électoralisme hypocrite à court terme a assez duré. Cessons de prendre les ouvriers et les employés pour des imbéciles en leur faisant croire à la pérennité d’industries polluantes ou de produits sans avenir. Cessons aussi de penser que la croissance verte va se mettre en place ipso-facto, mais affirmons la nécessité de tout penser en terme de transition verte. Cela permettra de réconcilier le monde paysan avec des pratiques durables et de changer le rapport campagnes-villes. Cela fera comprendre aussi –quand les pollutions, les catastrophes, la malbouffe ou les dérèglements climatiques excèdent les frontières en touchant les plus pauvres—que la mise en place d’instances terrestres de préservation de la planète, comme d’ailleurs de police planétaire sur des principes moraux communs, est indispensable. Tirons-en les conséquences chez nous, sachons anticiper. L’écologie expérimentale et évolutive –loin des oukases ou d’une nouvelle religion—est la seule solution de devenir collectif qui ne soit pas destructeur. Il ne s’agit pas de muséifier la planète mais de permettre d’avoir une conception globale d’environnements variés en mutation, en en tirant les leçons locales.

- Les cultures sont des visions du monde. Il faut faire accepter partout l’idée de la relativité des points de vue en cessant de propager des conceptions exclusives, sur le plan religieux, idéologique ou des modes de vie. Nous ne souhaitons ni une planète uniformisée dans la consommation addictive, ni le morcellement agressif de communautés en concurrence. Affirmer l’importance des cultures est pour nous affirmer l’importance de l’éducation qui doit donner des options de choix à l’être adulte et la tolérance nécessaire de toutes les visions du monde, à condition qu’elles ne tentent pas de s’imposer dans un espace public devant rester pluraliste. La diversité est pour nous toujours à défendre.

Sur ces bases, nous souhaitons que notre pays --que nous aimons--, qui a de formidables atouts, sorte de son gouffre actuel. Nous savons toutes les initiatives qui se multiplient sur le terrain, dans une conjugaison des générations, par des personnes refusant de se résigner et continuant à agir concrètement et à inventer. La paralysie et l’autodestruction doivent donc cesser. Oui, nous voulons une France qui bouge et regarde vraiment en face notre planète commune en transformations profondes.

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