POURQUOI UN LABEL "EARTH-VILLAGE / VILLAGE-TERRE" ?

La décision du Président des Etats-Unis de dénoncer l’accord de Paris sur le climat en juin 2017 --comme tant d’autres actes moins directement visibles mais tout aussi néfastes—déclencha une initiative : la création d’un label « Earth-Village / Village-Terre » Pourquoi un label ? Il ne s’agit pas d’un gadget de plus. Il s’agit de rassembler de façon volontariste --car ces questions concernent tout le monde tout de suite-- autour de la défense de la biodiversité et de la culturodiversité. L’originalité de la démarche consiste en effet à enfin lier les deux priorités.

Précisons les choses. Défendre la biodiversité ne consiste nullement à devenir les conservateurs de parcs mondiaux que nous déciderions de rendre immuables, que nous figerions alors qu’ils sont le résultat d’évolutions diverses, dont des évolutions climatiques. Non, il s’agit de nous considérer comme un des éléments d’un environnement dont les agissements humains produisent des modifications accélérées du climat et –pire peut-être—des pollutions graves de l’air, de l’eau, de la terre. Nous tuons en commettant des crimes écologiques qu’il va bien falloir enfin caractériser et pénaliser.

Cela touche tous les milieux. Il n’y a plus de différences entre les villes et les campagnes. Les océans charrient des déchets dans des zones inhabitées. Alors, défendre la biodiversité dans nos « villages », c’est décider à l’échelle de nos communautés de vie (quartiers des villes ou petites structures agraires) de penser à la défense de la diversité biologique comme composante première des villes et des campagnes. C’est reprendre en mains directement nos pratiques de proximité. Ce retour au local est la base de ce qui pèsera dans notre réalité locale-globale, qui est trop faible à la fois en démocratie directe et en organisation planétaire fédérée contraignante sur des enjeux communs. Commençons ainsi par nous occuper de notre sphère « directement visible », autour de nous, et faisons-le savoir pour peser sur les enjeux globaux.

La chose est claire. Mais défendre la culturodiversité peut sembler moins évident, annexe ou dangereux. De quoi s’agit-il ? Il s’agit enfin d’affirmer le droit de vivre de façon différente sur la planète avec des visions du monde variées et des coutumes et des langues diverses. Défendre cette diversité et défendre cette diversité à l’intérieur même des communautés géographiques. Non pas donc créer une planète d’égoïsmes concurrents, de communautarismes fermés et exclusifs ou autoritaires et expansionnistes, mais affirmer la possibilité du choix. A Miami, veut-on vivre la vie de la Creuse ou celle de Ouagadougou ? Partout, nous ne pouvons fonder nos modes de vie sur l’uniformisation des mœurs basée sur une consommation addictive de produits standardisés. Défendre la culturodiversité c’est affirmer la nécessité d’options individuelles et collectives « rétro-futuro », avec des traditions choisies et des innovations.

Ainsi adopter le label « Earth-Village / Village-Terre » est un engagement double : celui de l’environnement physique et celui de l’environnement mental où la tolérance existe dans une conscience claire des limites collectives de base nécessaires. Il reste ainsi à bâtir un Pacte commun planétaire évolutif qui interdise des choses simples --pouvant paraître évidentes mais qui ne le sont pas dans notre monde de terrorisme ou de peine de mort pour homosexualité ou de répression pour croyance religieuse ou philosophique ou parce qu’on naît femme. La décision d’adopter le label « Earth-Village / Village-Terre » est une première étape volontariste dans une perspective pas seulement humaniste mais terriste. Elle doit être le moyen de lancer une vaste réflexion générale grâce aux habitantes et habitants eux-mêmes, par propagation sur tous les continents d’une volonté pratique de millions de groupes humains.

DEMANDEZ LE LABEL EN HAUTE DEFINITION SUR MULTITERRATV.NET !

← Tous les regards