Image : mon collier de la forêt sur almanach du crime.
Alors, ce n’est pas parce que cela s’envoie, cela s’électrise, cela s’écrase sur écran, qu’il faut concevoir le Net comme un dico automatisé ou une poubelle à pets éphémères. Il devient un lieu de résistance et de création pour d’autres horizons, d’autres façons de faire. Voilà donc un nouveau livre en ligne Vers une écologie culturelle. Ecrit depuis des mois, il est réclamé alors que je prépare la télévision en ligne ecolibtv et que la Fondation Chirac, par exemple, entame une action de défense des langues autochtones. Ma perspective d'"écologie culturelle" est plus large, car je considère qu'il faut diversifier la diversité, c'est-à-dire à la fois préserver mais aussi évoluer, inventer, faire vivre. Ou quand les Wayanas envahissent le numérique.
Nous sommes tous des peuples autochtones. J'en profite pour faire un petit coucou à mon amie Barbara Glowczewski, si active, courageuse et passionnée. Sans tomber dans le mythe du bon sauvage et de la dernière tribu isolée (voir photos récentes en Amazonie) le "droit à l'isolement" constitue probablement le pendant d'une coordination globale. N'uniformisons pas la planète. N'imposons pas des règles et des médecines qui ont montré leur relativité. Ne soyons pas des néo-colonialistes en blouses blanches. Tolérons aussi des formes de retraits dans nos propres sociétés.
Alors, un nouveau livre, dense et à plusieurs voix sur le Net ? Par là, je ne deviens pas pour autant un absolutiste de la toile et crois à la nécessité du papier, pour les médias intermédiaires de contenu et les livres durables. Il faut en effet désormais défendre cette notion de "livres durables", contre l'obsolescence du n'importe quoi. J'aime le papier et commence d'ailleurs une bande dessinée. Mais bousculons la pensée marketée et les bouquins kleenex.
Tiens, un "vrai" livre. Ami de Michel Lebrun au temps de la littérature policière encore ghettoïsée (années 1970), j’ai « raté » Jean-Patrick Manchette, bien qu’appréciant ses polars. Je me trompais sur son succès en apparence facile. Je le découvre vraiment aujourd’hui en lisant le début de son journal, un traité de vie. Une exigence pour tous. A rebours, quand je me promène sur les écrans télévisés, je songe à cette nouvelle égalité par le bas. Nous sommes noyés dans le rien. Il faut restituer la haine. Manchette dis des conneries (à mon avis), traitant Sunset Boulevard de « soufflé », mais il cherche le rare, l’intense, se met en jeu. Katerine parodie notre robotisation pendant ce temps, acide. Nous allons visiter Carmontelle, l’illusion XVIIIe siècle. Tirons la chasse pour y voir plus clair.