(faîtes circuler ce texte car nous avons besoin de défense des libertés et de débats critiques / utilisez NO MASK comme signe de résistance)
Bas les masques !
Se sentir en décalage avec la vulgate commune est habituel. Il est d’ailleurs probablement utile pour le « mainstream » d’avoir des fureteuses et fureteurs en hors-piste. Mais notre temps historique me paraît très singulier.
Deux choses sont frappantes : l’hyper-convergence médiatique et la docilité immédiate de populations en prison mentale et matérielle. Elles posent de façon directe des questions non traitées depuis longtemps : la démocratisation de l’information et le droit à la diversité des modes de vie dans une structuration locale-globale stratifiée.
Des médias auto-bâillonnés
J’ai écrit depuis longtemps sur la normalisation des sociétés et le « grand hôpital planétaire ». Cette tendance était rampante. Et puis, en peu de temps, sans aucune concertation ni aucun débat, est advenu le confinement accepté de milliards d’individus dans une accélération dont l’Histoire ne nous a pas habitué à cette échelle.
Ce qui est sidérant reste le basculement des pouvoirs et l’absence totale de débats sur des décisions qui engagent sur la durée le devenir commun. D’un seul coup, les pouvoirs politiques en domino ont consacré un principe de précaution en règle allant jusqu’à saborder l’économie. L’argent dominant est devenu virtuel. Et les médias minoritaires (ces médias de masse peu nombreux qui touchent beaucoup de personnes) ont embrayé dans un matraquage sans équivalent dans l’Histoire et sans contradiction. Nuit et jour, toutes les informations se sont concentrées sur le même sujet, ignorant les milliards d’expressions individuelles s’occupant d’autre chose.
La technique, habituelle désormais, de l’assaut préventif a interdit toute tentative de débat en traitant de « complotistes » ou « négationistes » celles et ceux qui voulaient émettre d’autres pensées de la situation en parlant de pays comme la Suède qui avaient décidé d’appliquer des comportements plus rationnels ou de comparer les maladies et leurs dangers en prenant en compte les effets induits des confinements. Les pensées alternatives ne sont pas juste le fait de zozos sectaires ou paranoïaques.
La chose n’est pourtant pas une première car la concentration des opinions publiques advient aux moments historiques forts (l’ « Union sacrée » en 1914-15). Mais elle est en l’occurrence --par sa brutalité, sa radicalité, son absolutisme-- la caricature d’un système qui se révèle très déséquilibré.
Nous vivons l’ubiquité : la vision directe est étouffée par la vision indirecte par écran interposé. Jamais, le « loin » n’a autant eu d’implications pour le « près ». Ce déséquilibre est structurel dans l’information et vient de connaître une apogée avec ce virus. Hyper-visibilité d’un sujet contre invisibilité de milliards d’autres. C’est irrationnel et dangereux.
Le triomphe des politiques enrégimentés et du lobby médical, parallèlement à la faiblesse médiatique et économique, ne peut nous satisfaire. La question de la démocratisation de l’information se pose ainsi aujourd’hui avec plus d’acuité que jamais. C’est une question éducative à tout âge mais aussi structurelle : nous manquons de médias intermédiaires qui pourraient sélectionner et faire émerger des infos parmi les milliards d’émissions individuelles. Si la seule manière pour les spectateurs-acteurs d’apparaître dans les médias minoritaires est de jouer le marketing des réseaux sociaux, jamais un texte comme celui-ci n’a aucune chance de pousser qui que ce soit à se poser des questions. Et c’est un problème.
Le triomphe de l’humour ou de la colère comme vecteur vidéographié dans une mise en scène de soi condamne l’écrit et oublie les idées. Voilà des questions qui devraient être posées. Elles permettraient d’éviter que des milliers d’heures soient passées à ânonner les mêmes choses, tandis que les pensées contradictoires sont invisibles. Au black out total de départ au temps du confinement dans une propagande sans précédent et sans équivalent, seules de très très rares voix contradictoires cohérentes ont pu s’exprimer (comme l’anti-hygiénisme d’André Comte-Sponville). C’est consternant et dangereux. C’est révélateur.
Des populations voilées
Regardons-nous vraiment ce que nous sommes devenus par consentement mutuel ? Des êtres hagards en distanciation sociale, masqués, anonymisés, clonés dans une nouvelle religion hygiéniste. Filmons-nous et réfléchissons. Aurions-nous cru en octobre 2019 en un pareil film de science-fiction ? La question n’est pas celle de crises sanitaires locales temporaires, c’est celle de l’application généralisée d’un principe de précaution sur la durée à tout le monde, même aux âges et conditions de santé peu risqués, et partout.
Nos scientifiques se sont joyeusement emmêlés les pinceaux (masque, pas masque…) et c’est normal car ils découvraient une maladie nouvelle. La science est expérimentale et résulte d’un savoir critique. Mais on agit comme on soigne : avec une courte visée. Les médecins traitent du corps et souvent d’une partie spécialisée du corps. Chaque individu est un puzzle médical. L’esprit, lui, ne compte pas ou alors il est traité séparément dans des cellules de dégrisement doloriste par des professionnels de la profession.
Il est pourtant d’autres aspects oubliés dans la santé : le rapport aux autres et à l’environnement. Il est aussi d’autres spécialistes qui pourraient apporter des éléments de compréhension, spécialistes-généralistes nécessaires. La course en avant dans l’hygiénisation généralisée doit être questionnée et pas par les seuls médecins. Voilà ce qui est scientifique. Voilà pourquoi il faut réévaluer les savoirs et les savantes et savants de toutes disciplines.
Nous ne pouvons accepter une société liberticide du contrôle généralisé au nom du « Bien » et de la durée. La surveillance et la disparition de la vie privée comme celle de la liberté d’expression sont des calamités pires que ce qu’elles veulent corriger. L’intrusion administrative dans tout –cancer généralisé moderne--, comme l’inquisition de tous les actes du réel (filmés sans cesse) ou à distance (espionnés et utilisés) définissent des sociétés du contrôle. Elles viennent de franchir une étape décisive avec l’Ordre sanitaire. Bientôt nous serons punis pour comportement sanitaire déviant, rejetés, parqués, supprimés.
Il est temps de réagir. Je suis censé être à risque et ne prône pas l’illégalisme. Je porte un masque quand on m’y oblige. Mais portons des masques « NO MASK », des masques qui refusent ce carnaval sinistre, cette mascarade dont on ne sait même pas si elle est utile.
Et puis ne nous laissons pas chloroformer par les gesticulations hygiénistes. Les masques ne nous protègerons ni des pollutions de l’air, de l’eau, de la terre, ni des dérèglements climatiques, ni des catastrophes naturelles ou non… Il est temps de repartir du local pour peser sur le global, de penser aux fondamentaux ici et partout, d’avoir une conception stratifiée. Nous ne pouvons rester des Terriennes et Terriens aveugles à ce qui se passe pour nous et autour de nous. Nous devons devenir des Terristes, des défenseuses et défenseurs de cette planète unique en évolution où les humains interagissent avec l’environnement. Bref, remettre les choses dans l’ordre des priorités, maintenant, ici, autour de moi et du directement visible, en réseau et en résonance planétaire.