Présentfutur ou passéprésent ?
Les humains ont souvent des problèmes de conjugaison des temps.
Personne, pas même ceux qui sont appelés les "animaux", ne vivent au
présent-présent. Nous débordons dans la mémoire expérimentale du passé
ou la projection future de nos actions. Le vivant étant mouvement
s'inscrit --oui-- décidément dans le temps.
Pour autant, notre conscience présente est souvent pervertie par trop d'incidences temporelles qui nous empêchent de nous déterminer par rapport à ce que nous vivons au présentprésent.
Actuellement, beaucoup sur la planète sont entrés en dystopie. Et, au lieu de chercher des solutions pour inventer un présentfutur désirable, nous nous maintenons dans un torticolis rétro que je dénonce en vain depuis longtemps. Il nous pourrit l'existence et empêche toute solution dans un concours victimaire dont le news market se repaît.
N'est-il pas temps de vivre un peu au présentfutur ? De regarder de façon pragmatique quelles en sont les solutions locales et globales ? De cesser de croire prétendre réparer le passé d'inégalités, de crimes, d'ostracismes pour inventer les conditions d'une existence harmonieuse avec notre environnement en paix ?
Les guerres des classes, des sexes, des communautés, des religions sont délétères pour tout le monde. Penser présentfutur n'est pas oublier les déséquilibres financiers abyssaux ou les précarisations ou les pollutions, c'est au contraire tenter de voir pratiquement et immédiatement comment se construire soi, sur quelles valeurs et dans quels rapports avec l'environnement. C'est repenser toutes nos attitudes individuelles et collectives. C'est être singulier-pluriel dans ce présentfutur.
Parler de projet plutôt que de rejet. Regarder la mort en face pour justement mieux vivre. Cesser de croire béatement à l'assurance-tout-risque, à la technologie-bonheur, au prêt-à-penser.
Nous vivons en dystopie, alors n'inventons pas des guerres contre l'environnement ou des utopies délétères (ces humains proliférants qui veulent ordonner la "nature" pour une vie "parfaite"). Mais défendons la vie avec sa relativité, ses précarités, ses interdépendances, ses plaisirs.
Oui, tournons-nous vers le présentfutur de façon locale-globale et terriste.