Ça pue !...
A force de n’être pas lu, on se répète. Cela interroge nos sociétés des spectateurs-acteurs / spectatrices-actrices, ces sociétés de l’ubiquité où chacune et chacun n’existe que par ses reflets médiatiques. Cela interroge sur ma propre responsabilité dans la non-vente de mes idées, dans le refus de mon auto-promotion.
Voilà pourquoi j’affirme à nouveau qu’une partie des humains agissent contre leurs propres conditions de vie dans l’environnement terrestre. Ils ne sont pas juste Terriennes et Terriens, ils sont Déterriennes et Déterriens, alors que je m’égosille à leur dire qu’ils devraient devenir Terristes, défenseuses et défenseurs d’une planète unique.
Je le fais encore à travers un texte alors que plus rien n’est lu largement au-delà d’un slogan. C’est pourtant le moyen d’expliquer, sans se laisser distraire par l’apparence.
Pourquoi je m’obstine ? Parce que cela fait 50 ans que je défends un point de vue libertaire et écologiste qui me semble adapté aux transformations rapides actuelles.
Eh oui ça pue !... Nous sommes ballotés sans perspectives, entre sociétés du contrôle de plus en plus liberticides où la vie privée n’a plus de sens et à l’inverse des enfermements dans des communautés concurrentes dans un émiettement concurrentiel, source de guerres des sexes, guerre des religions, guerres des pays… Obsédés de nous-mêmes, nous sommes hors-champ dans nos préoccupations et détruisons les lieux mêmes de nos existences --jusqu'à polluer aussi l'espace proche avec des déchets satellitaires et de multiples outils d'espionnage en direct.
Alors, peut-on enfin défendre un point de vue terriste ? Peut-on dire que les humains sont liés à la biosphère et que c’est cet impératif environnemental qui est de fait la racine d’une cause commune avec des solutions locales diverses.
Voilà pourquoi je rappelle encore ce qui fonde cet engagement terriste qui me semble le seul rationnel et le seul intérêt collectif et individuel. Oui nous sommes singuliers-pluriels / singulières-plurielles.
- Prenons
conscience que nous vivons local-global
et que les activités humaines devraient être structurées de façon
locale-globale. Nous vivons dans les ici avec la conscience de l’ailleurs. Il
est nécessaire de construire un fédéralisme planétaire chez les humains :
décider à chaque strate géographique, locale, régionale, nationale, continentale,
planétaire. Quand les pollutions, les médias, les changements climatiques
ignorent toute frontière, les humains doivent se structurer en conséquence.
Cela permet des attachements à toutes les strates entre intérêt commun
terrestre et volonté de défendre la diversité des agissements individuels : des attachements cumulés.
- Prenons conscience que le Progrès est une erreur. C’est une croyance qui promet un état, Le Bonheur, alors que toute vie humaine est relative. J’aime les frigos et les escaliers mécaniques. Je crois aux vertus des vaccins. Désormais nous devons faire constamment des choix rétro-futuro évolutifs car la relativité est notre condition où aucune nouveauté technologique ou idéologie ne forme le Bien. Nous devons donc évaluer, changer, accepter, tester, revenir en arrière ou décider de se lancer dans des innovations.
- Mais au nom de quoi ? D’une harmonie individuelle et collective dans l’environnement. C’est-à-dire des solutions évolutives fondées sur la relativité et les interdépendances avec l’environnement. Prenons conscience de la nécessité d’une philosophie de la relativité, refus de la dichotomie du Bien et du Mal. Cessons de vouloir une vision du monde dogmatique ignorant l’altérité. C’est l’altérité et la diversité des solutions qui caractérise la biodiversité et devrait inspirer les humains.
- Prenons conscience que nous vivons toutes et tous des identités imbriquées (j’aime ma famille mais aussi avec des douleurs, j’aime le rugby mais aussi Tzara et le reggae, j’aime parler français mais aussi le faire bouger et y associer d’autres langues, j’aime le taoïsme mais aussi Elisée Reclus, j’aime l’aligot mais aussi le poisson dans une feuille de bananier à la thaï…). Humains issus d’une longue histoire d’évolutions et de migrations, nous vivons aujourd’hui l’injonction identitaire. Elle est erronée et insupportable. Non, nous ne pouvons être défini-e par notre sexe quand les passages sont nos réalités. Non, nous ne pouvons être défini-e par nos croyances quand nos existences dépendent des conditions environnementales qui ont des explications scientifiques n’ayant rien à faire avec les croyances. Non, nous ne pouvons être défini-e par notre appartenance sociale et nationale, quand la responsabilité des actes est individuelle et les sociétés traversées de l’ici et de l’ailleurs.
- La relativité n’est pas un relativisme. C’est la conscience éclairée des possibles. Beaucoup de fonctionnements humains ne tiennent que par la résistance des individus (contre l’accumulation exponentielle d’un argent irréel, les autoritarismes religieux ou non...). Prenons conscience que les humains sont soumis à des forces liberticides partout et sont à la porte d’éclatements majeurs, d’un émiettement dystopique. Prenons conscience de l’urgence d’un Pacte commun humain évolutif. A partir d’un fédéralisme planétaire local-global, la définition de valeurs communes basiques est nécessaire. L’acceptation de la démarche scientifique expérimentale et critique devrait former une base de dialogue entre les humains fédérant des personnes aux convictions et modes de vie très divers. Et la recherche de labels devrait en découler pour une éducation pluraliste (EDUCRITIC), permettant de fournie une boussole éducative à tout âge pour se situer dans l'espace et dans le temps, ou de médias du local au global cherchant l’échange des points de vue (PLURI).
- Prenons conscience que nous sommes des milliards d’humains qui peuvent changer soi pour changer la planète en ayant des attitudes pas juste humanistes ou empathiques mais globalement TERRIST. Il s’agit de penser et repenser nos rapports socio-écolo, ceux des humains dans l’environnement et des humains entre eux, obsédés de sociétés pyramidales alors qu’ils sont individus ensemble. C’est bien l’attitude individuelle dans le devenir collectif qui importe. Une mise à nu générale autour des responsabilités qui ignore le pré-pensé, le pré-déterminé, le pré-nommé. Voilà pourquoi il devient urgent de se dire TERRIST, de défendre à la base, sans parti, dans sa vie quotidienne, ce qui est rapidement exposé ici mais que j’ai pu illustrer dans plus de 100 livres ou films ou chansons. Pas de parti, mais un mouvement d’idées qui agit et mène une réflexion sur l’utilisation médiatique et l’INEXISTENCE médiatique et la DEVIRTUALISATION (n’étant pas la déconnexion mais des connexions sélectives).
Aujourd’hui, oui il faut refuser l’inacceptable, les guerres d’un autre âge, les pollutions mercantiles suicidaires, le bourrage de crânes sur le périphérique toxique matraqué qui ignore la vraie centralité des préoccupations.
Ce qui est inacceptable est inacceptable. Donc les humains doivent s’organiser autrement et regarder les vrais enjeux. A défaut, ils subiront les transformations terrestres.
Oui aujourd’hui, seul, je parle aux humains car le seul enjeu qui vaille est de penser le devenir de l’environnement terrestre.
Laurent Gervereau