L’agonie des nations
Le raidissement nationaliste et impérialiste actuel n’est-il pas la conséquence d’une conception des agissements humains sur leur planète dus aux retardeurs criminels ? N’est-ce pas parce que tout aujourd’hui devrait nous conduire à des initiatives fédérées du local au global que ces retardeurs criminels se lancent dans des initiatives expansionnistes pour faire survivre leurs pouvoir et leurs intérêts ?
Essayons de parler d’objectifs simples –des choses générales manquant tant aux consciences émiettées actuelles.
Des structures étatiques impuissantes face aux enjeux planétaires et locaux
Partir de l’essentiel pour en tirer des conséquences pratiques concertées et raisonnées, voilà ce qui devrait nous occuper. Or nous assistons soit à des pragmatismes technocratiques de mauvaises intelligences artificielles sans vision, soit à des autoritarismes se foutant du futur.
Seules les catastrophes nous réveilleront-elles trop tard ? Pourtant notre souci premier devrait être celui des conditions de vie sur notre planète unique : « T », TERRA, la Terre (ou Pachamama ou toute autre dénomination). Partir des savoirs sur l’état de la planète, se structurer pour peser sur les évolutions.
En 2010, j’insistais sur la nécessité de joindre défense environnementale et justice sociale (SEE/socio-ecolo-evolutionists). En 2012 à Hong Kong j’avais lancé Résistance des Savoirs / Knowledge is Beautiful. Plus que jamais, nous nous apercevons que si les humains refusent le seul langage commun possible –celui des sciences et de leur approche expérimentale et critique—nous vivrons dans la guerre des propagandes et des publicités sans rien maîtriser. Telle la structure collaborative du GIEC, il faut fédérer nos recherches planétaires, alors que nous continuons des guerres civiles humaines matérielles, économiques, médiatiques entre volonté du KONTROL (l’uniformisation) et KAOS (des situations disparates antagonistes).
Notre rapport au passé est souvent partiel et de parti-pris dans une querelle de mémoires instrumentalisant hier pour défendre des intérêts actuels. Oui, plus que jamais, nous avons Besoin d’Histoire, d’un questionnement problématisé sur hier qui épaule des actions réfléchies sur l’état de nos vies et de notre planète aujourd’hui.
Le niveau des Etats, portés pour certains vers l’impérialisme, est dépassé. Même un Donald Trump opportuniste ne dirige pas les actions humaines. Les dérèglements climatiques ou les pollutions ignorent les frontières, comme les grandes crises économiques. Le second dépassement est local : la disparité des situations comme des convictions au niveau local se révèle partout très grande (en France comme en Chine ou au Burkina Faso). Les nations sont donc devenues inopérantes pour les enjeux qui nous occupent.
Alors, quand je parle de « T », TERRA, notre natrie « Terriste », notre cause commune première, suis-je plus irréaliste que les dirigeants à l’œuvre aujourd’hui s’adaptant aux circonstances en étant souvent autodestructeurs ? Un fédéralisme planétaire devrait en résulter, déjà avec des structures fédérales ici en France et en Europe dans une logique stratifiée. A chaque niveau ses responsabilités : local-régional-national-continental-terrestre.
Unir les humains pour s’occuper de leur devenir, donc parler de futur à chacune et chacun dans la diversité.
Changer de modèle : comment défendre l’unité de notre cause commune terriste et la diversité des solutions ?
Pensez-vous qu’une religion, un mode de pensée, un goût, une langue va s’imposer à l’ensemble des humains ? La biodiversité comme la culturodiversité sont deux atouts de notre situation terrestre, dans les évolutions. Unité donc de notre planète et de nos intérêt vitaux, diversité des solutions dans une philosophie de la relativité.
Cette défense de la culturodiversité est un enjeu partout. Elle passe par le retour au local, à la vision directe (loin de celle indirecte des écrans) en acceptant nos identités toutes singulières, imbriquées et changeantes avec des attachements cumulatifs. Je puis avoir une culture juive mais passionné par les Peuls, manger des sushis, faire du foot et des jeux vidéo. Les homos sapiens sont toutes et tous apparemment des Africaines et des Africains partis il a longtemps migrer sur d’autres continents. Nous sommes donc toutes et tous Africaines et Africains et migrants. Cessons alors de nous illusionner dans des assignations et des raidissements identitaires (qu’ils soient nationalistes, religieux, de genres, de goûts…) : humains avec une cause commune terriste.
Et regardons en face la question des migrations : elles n’ont jamais cessé et ne cesseront pas. Les dérèglements climatiques provoquent et provoqueront (montée des eaux et des températures à certains endroits) d’abord des migrations intérieures et des migrations de continent à continent.
Donc la défense de la culturodiversité est centrale. Cette liberté individuelle de choisir constitue une valeur essentielle. Elle n’empêche pas des traditions et des attachements collectifs, ni le droit à la sécurité. Voilà pourquoi le retour au local dans les campagnes comme dans les villes (qui sont une agrégation de micro-quartiers) doit correspondre à l’arrêt de l’illusion du Progrès techniciste (commercial et uniformisateur) pour opérer partout des tris rétrofuturo évolutifs : ce qu’on conserve, ce qu’on refuse, ce qu’on rétablit, là où on veut innover.
Il est temps ainsi de s’occuper de nos situations d’aujourd’hui en pensant demain. Tout le monde, partout, peut comprendre les aberrations actuelles, nos causes communes, les dangers qui s’annoncent et le temps qu’on perd en argent, en énergie, en retards criminels. Face aux leurres nationalistes, racistes, intégristes, d’accumulation d’un argent inutile ou destructeur, affirmons une vision terriste de cause commune environnementale avec la défense des choix individuels.
Laurent Gervereau
auteur de T TIME et président de Nuage Vert (nuage-vert.com)