L'envers du décor. Ouarzazate, studios en plein désert. Jean-Christophe Rufin (qui a participé au Dictionnaire mondial des images) a réfléchi au péril humanitaire, à son instrumentalisation politique. La médecine est en effet à l'origine de la déstabilisation d'un continent entier par explosion démographique : l'Afrique. Il faut donc sûrement corriger. Mais sans intégrisme vert (montré avec Le Parfum d'Adam). Nous avons débattu de tout cela sans fard au Musée international de la Croix rouge à Genève, la semaine dernière (ce fut passionnant). Aujourd'hui, dans l'évolution générale, des économies diversifiées, des micro-marchés, des développements adaptés et le droit à l'isolement doivent préserver et varier nos singularités. Sans néo-colonialisme de la pensée ni violence, qui sert toujours les mêmes.
Dans les sociétés européennes aussi, la violence est un piège récurrent. Depuis le XIXe siècle, les anarchistes ont payé très cher leur romantisme de l'action directe. Comme le pensait Debord, le terrorisme sert toutes les répressions. Quand les libertaires sauront-ils oublier Ravachol ou Mesrine, Bonnot ou Baader ? La lutte des idées et la transformation de la vie n'autorisent jamais de prendre les armes de l'adversaire. Pour combattre ton ennemi, ne le copie pas.
Il reste tant à faire, tant à imaginer pour préserver et transformer ce monde par d'autres voies, que la bêtise --s'il ne s'agit pas d'un montage opportun-- de quelques "anarchistes", "ultra-gauchistes", répugne de connerie stratégique patente. Je me souviendrai toujours de ma rencontre avec Nelson Mandela et de l'incroyable révolution pacifique alors en cours dans son pays. Regarder ailleurs.