la confusion des sentiments

Tout s'entrechoque. Pire que Castaneda en vol plané mycologique. Pellaert, encore un disparu anonyme. Discret, modeste, gentil (très gros défaut en France), pour un art du kitsch, de l'excès. Je le mettais en valeur dans Les Sixties en 1996. Il était surpris. Forest aussi : des originaux de leurs dessins dans un musée... Des couvertures de leurs albums en images génériques à admirer, avec Losfeld : Pravda, Barbarella, Jodelle.

D'une façon générale, il doit exister un masochisme inavoué à rester en France. Ce pays humilie, rabaisse, occulte systématiquement ses individualités brillantes, par conservatisme mandarinal ancré, esprit cire-bottes/pas de vagues, poigne de fer de petits potentats médiocres. Seuls le gâtisme ou la mort permettent de transfigurer le végétal désespéré en héros posthume. Certes, trop d'honneurs pourrit, mais trop d'ingratitude systématique use. Pays d'esprits sénescents.

Sinon, pour parler de plus intéressant que cet aveuglement général, le bonheur de découvrir Aline Kominsky Crumb, qui n'est pas juste Madame Crumb. Son livre Need more love. A Graphic Memoir est épatant, comme disait Renoir dans La Règle du jeu, mêlant textes, dessins, photos. Trouvable chez BD Spirit (69 rue Labat, 75018 Paris). Faut connaitre. C'est fait.

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