News market

 

Décidément, je me fais l'effet d'un vieux râleur (ce que je déteste, porte ouverte aux vieux cons de Roland Topor). Pourtant, chez mon charcutier rebeu spécialisé en cuisine italienne, la radio claironne sur un accident d'avion en citant le nombre de Français, puis le nombre de bébés français, puis le nombre d'enfants français et de femmes françaises. Je fais rire tout le monde en disant que pour les médias une vie ne vaut pas une vie : il vaut mieux être national, bébé, puis enfant, puis femme, puis homme, et enfin il reste les étrangers...

Cela fait des heures que, sur un drame fatal, les journalistes nous serinent qu'ils ne savent rien et un Borloo tient l'antenne (ce matin encore) pour dire qu'il n'a rien à dire. C'est stupéfiant de crétinerie. Bientôt des cellules psychologiques pour télespectateurs ou auditeurs ?

Faut vendre. Un zombie bêta de bonne famille a trouvé, lui, une recette. Il regarde tout de haut, de très haut, et balance des purées de nouvelles affolantes depuis son nouveau magistère écolo. C'est suintant de bons sentiments. Ca sent le piège à financements. Tout le monde a déjà dit tout cela plus intelligemment et tant vont faire des travaux sur terrain qui posent de vraies questions. C'est du stalino-écologisme.

Sinon, je reviens de Tallinn et d'ex-zones de Baltique interdites au temps des Soviétiques. J'y reçois des bouffées de relativité : il n'existe pas de culture pure ; tous les dieux ont une histoire ; la coopération internationale doit être mesurée sur chaque petit territoire. Mon ami, Directeur du musée de la Croix-Rouge à Genève, nous raconte ses expositions critiques sur les shows caritatifs.

Je suis rassuré. Il existe encore un monde de la raison, un peuple du sens pratique, au-delà du business news totalement déconnecté. Nous, les regardeurs, voyons bien ce qui se trame. Stop aux montreurs de leurres ! Il est temps d'introduire la révolution de l'héritage partagé, de l'action éducative porteuse de chances variées, celle des valeurs diverses et des modes de vie, celle du changement du travail et de sa rémunération, celle d'une planète propre et équilibrée. 

← Tous les regards