inconnu comme Gébé...

 

Vivre avec exigence consiste à perpétuellement se questionner et se redéfinir. Dans nos sociétés de l'ubiquité, il faut faire des choix et se méfier de celles et ceux qui n'ont aucun repère, aucune admiration (ni aucune haine d'ailleurs), les consommateurs passifs ou les égocentrés de petit acabit.

Vous ne connaissez pas Gébé ? Vous gagneriez à le fréquenter --malheureusement à fréquenter ses traces aujourd'hui-- et je vous conseille les "Papiers à lettres" rassemblés par Frédéric Pajak chez Buchet-Chastel. J'aurais aimé faire ce livre : voilà du travail courageux. Gébé ne se vend pas --et après. Quelques personnes savent, savent l'importance du dessinateur et de l'écrivain, et la qualité de l'individu. J'ai eu la chance de le côtoyer (par éclairs) et de lui glisser (comme à Topor) combien j'admirais son écriture. Ouf, il faut parler aux vivants. Il me reste quelques mots amicaux dont je suis fier.

Gébé, dans l'époque de la surabondance, pose le rare. Gébé, au temps de la durée pour la durée grabataire, nous interroge sur l'intensité. Gébé, quand tout se mesure au hit-parade de l'industrie du goût moyen, tranche par l'exigence.

Gébé, discret, timide, est un fanal. Disons-le, il vaut mieux être inconnu comme Gébé que connu comme... (remplissez les points, peu importe).

← Tous les regards