Ouvrons les perspectives. Permettons de vrais débats. D'accord ou pas d'accord, voilà un regard plurofuturo à citer, à diffuser :
Pourquoi donc la France est-elle allée inscrire le principe de précaution dans sa constitution ? Ce pays, ayant si peu confiance dans ses habitants et dirigeants, passe son temps à légiférer pour ensuite se prendre les pieds dans le tapis (voir tous les lobbies communautaires).
Alors il faut se protéger contre tout et, les tempêtes pouvant advenir, les arbres sont en survie. Principe de précaution, principe de lâcheté, absurdité du risque zéro, culte de la normalité. Notre société entretient l'individu dans l'idéologie de la durée et l'illusion de la protection. La lâcheté interdit d'affirmer que l'accident est aussi normal que son contraire, que la catastrophe n'a pas forcément des responsables, que c'est à l'individu de se battre pour sa survie. Les habitants d'Haïti furent des modèles de dignité à cet égard.
Sans compter la gabegie bouffonne du H1N1. Pourquoi n'avoir pas fait le même cirque pour la grippe "normale", qui tue aussi ? Pendant ce temps, l'épidémie de cancers continue, la pollution de l'air, l'usage des matières plastiques...
Il faut se protéger et normer : beaucoup de médecins, de psys, d'économistes et de juges ont perdu et la raison et le sens commun. Ils parlent des langues étrangères. Echappons-nous de cet asile moyen, de la survie, où des jeunes Français râlocheurs à 25 ans comptent leurs points de retraite et s'ils peuvent travailler 10 minutes de moins par jour, anesthésiés de la vie... Vivons et crevons sans faire chier des générations de garde-malades. Un peu de dignité. Un peu d'exigence. Un peu de lucidité.
Peur. Peur de tout. Aucun risque. On s'étouffe pourtant aussi au lit ! Le principe de précaution est ainsi appliqué avec excès et sans logique (pas d'interdiction des biberons en plastique). S'il s'agit d'empêcher les OGM, un simple principe de prudence au coup par coup suffit (en quoi avons-nous besoin des produits Monsanto ?). Je pars en voiture à travers l'Inde en acceptant d'y mourir sans rien faire pour, mais ici aussi la mort me guette. J'ai appelé cela une conception du fatalisme dynamique.
Les options collectives doivent de toute façon permettre des débats. En plaçant l'individu éclairé devant des choix. Maintenons des parcs arborés en centre ville, au nom de risques bien compris. Supprimons en revanche les émissions du pétrole au nom d'un principe de prudence et une réflexion basique d'agrément.
Plurofuturo, pensée prospective. Cela consiste alors à la fois en certains principes de vigilance, le choix averti du risque; balancés avec la réévaluation de la responsabilité individuelle et de la volonté. Mais en tout cas pas l'absurdité de l'assurance universelle du principe de précaution et la lâcheté individuelle organisée dans la compétition médiatique à la victimisation.
Supprimons la mauvaise odeur de moisi qui règne ici.