Se faire convoquer en 2010 par un psy dans une crèche pour un enfant en pleine forme de 2 ans et demi ! Dans quelle société sommes-nous ? Après les flics du corps et leurs pilules de perlimpinpin, les flics de l'esprit. Il faut être normé, pas de caractère entier, pas de colère, pas de passions...
Les sociétés occidentales --et notamment la société française-- traversent une mauvaise passe. C'est la déresponsabilisation totale, l'assistanat général pour consommateurs passifs. Le psy est le prêtre obligé des institutions laïques. Au nom de quoi ce parasite payé par l'impôt collectif existe-t-il ? Pour distiller des crétineries de comptoir destinées à destabiliser les mères ? Si quelqu'un souhaite consulter, cela relève du domaine privé.
Voilà donc un signe de plus de la normalisation en cours. On veut faire des clones dociles. Après le politically correct qui masque le retour violent de la censure, les psys en crèche !
Le phénomène n'est pas isolé, dans les dérives charriées par ce sale "politically correct", cette gouvernance d'affichage démagogique. Ainsi, une loi veut condamner le "harcèlement psychologique dans le couple". Faut-il que nos sociétés soient malades pour pareilles dérives. Jadis, on riait grassement des femmes battues en disant qu'elles l'avaient mérité ou qu'elles aimaient cela. Notons que l'acte même serait aberrant pour la société laotienne, par exemple. Dans nos pays, que je sache, battre --parfois jusqu'à la mort-- qui que ce soit est gravement condamnable. Bon, on renforce les mesures afin de stigmatiser un interdit particulier. Pour faire signe. C'est salutaire. Mais assortir cela subrepticement de mesures sur le harcèlement psychologique (3 ans de prison et 75 000 euros d'amende...) en dit long concernant nos dérives.
Qui va juger du harcèlement ? Les couples vont vivre maintenant avec avocats et huissiers à demeure ? Chacun installera des caméras-témoins ? Déjà, l'épidémie de séparations avec enfant crée des imbroglios destructeurs, des cancers mentaux de longue durée. La judiciarisation kafkaïenne franchit un pas de plus, avec le risque du mensonge absolu pour faire chanter quelqu'un, s'en débarrasser ou se venger.
Disons-le, les psys et les avocats --gangrène proliférante et intéressée-- sont l'expression même de la déresponsabilisation des individus et de la destructuration de notre pacte social (la dépression collective française décrite en 2010 par le rapport Delevoye). N'en rajoutons pas une couche.
Regardons ailleurs. Ayons la modestie de nous apercevoir que d'autres civilisations fonctionnent mieux, que notre modèle est pervers et usé, que nous construisons une grande maison de retraite pour grabataires râleurs, que nous ne savons que bourrer de vieilleries rétros nos jeunes et leur parler de peur, que nous sommes terrorisés et repliés au lieu de profiter de la grande chance d'un monde de circulations et d'échanges.
De plus, sachez que c'est par l'accident et par la transgression que les sociétés avancent et innovent. Refusons l'esclavage psychique déjà suffisamment organisé par la crétinerie télévisuelle.