Ouvrons les vrais débats. D'accord ou pas d'accord, un regard plurofuturo à diffuser :
A la fin du XXe siècle, quelques-uns, sous des dehors scientifiques et accompagnés par une cohorte de paranoïaques imbibés de théories du complot, visèrent à nier l'extermination des juifs par les nazis. Ils s'engouffrèrent dans les excès et approximations médiatiques de personnes qui n'avaient ni vécu les événements, ni étudié précisément leur histoire. La mauvaise réaction française fut d'excommunier, d'interdire, ce qui renforça le sentiment de vérité impossible à dire.
Lorsqu'en 1995, nous réalisâmes avec François Bédarida une exposition sur le système concentrationnaire nazi, nous décidâmes, en plein accord avec toutes les associations de déportés, de dire les faits vérifiés : tous les camps n'étaient pas des camps d'extermination et n'avaient pas de chambre à gaz ; de la correspondance pouvait s'envoyer de camp à camp ; les situations matérielles changèrent notablement entre les années 1930 et 1945 ; des chiffres avaient été exagérés... De toute façon, l'horreur patente fut telle et la volonté planifiée (expliquée clairement déjà dans Mein Kampf) d'apporter la "solution finale de la question juive" avérée, qu'il était inutile et nocif de ne pas être précis.
Aujourd'hui, rebelotte. La vague écolo fait des esprits chagrins. Dans ces colonnes, contre la religion écologiste, nous défendons une écologie critique, évoluant, scientifique et expérimentale. Mais la conjugaison d'erreurs du GIEC, d'incertitudes scientifiques normales, de jalousies de chapelles et d'intérêts (lourds comme le pétrole) contrariés, organisent un révisionnisme médiatique.
Pour le contrer, là encore, l'interdiction serait stupide et contre-productive. Le catastrophisme, l'appel à l'Apocalypse façon hululements du planeur photographe, font jeter le bébé avec l'eau du bain, puisqu'il est facile d'en montrer sur des points précis les exagérations et les incertitudes.
Alors, la question fondamentale n'est pas celle des doutes climatiques, mais ce qui s'observe partout (photo de pollution atmosphérique à Bombay) : les pollutions galopantes des terres, de l'air et de l'eau. Notamment à cause du pétrole et de son dérivé le plastique. La poubelle Terre tue. Et la production de masse, loin d'apporter des bienfaits, acculture et fait régresser la qualité du vivre-en-commun. C'est donc un aggiornamento planétaire qui est nécessaire, n'aboutissant à aucun modèle d'ensemble, mais des décisions drastiques de sauvegarde collective et une infinité de choix individuels et collectifs locaux : repenser la différenciation.
La réponse aux négationnistes écologiques est double : d'abord chercher d'où ils parlent et les intérêts inavouables qu'ils défendent ; ensuite, ne pas s'empêtrer sur la question du climat, quand la pollution tangible tue tous les jours et salit l'ensemble du globe.
Rappelons alors, pour éviter les amalgames pernicieux, que chaque phénomène historique est spécifique, unique. Seuls des parallèles peuvent s'établir. Donc. Oui, Hitler a voulu exterminer les juifs dans un régime basé sur le racisme. Oui, les activités humaines depuis le XIXe siècle ont transformé radicalement l'aspect et le contenu de la planète : flore, faune, minéraux, air, liquides, humains.