Survivalists and 2012 ?

Le film 2012 (ou les Mayas : fêtons donc dignement le 21 décembre 2012 censé être la fin du monde) et la vieille manie des survivalistes hantent certains Etats-Uniens faibles du bonnet et des Européens de l'Ouest consommateurs frileux, habitués de la plainte et de la jérémiade, victimes avant même d'avoir subi quoi que ce soit. Quelle perspective que de se perpétuer dans des abris anti-atomiques ! Quel bonheur que de passer des années à végéter comme des produits avariés ou du congelé ! Quelle utilité que l'hygiénisme à tout crin pour attraper des allergies ! Sociétés de la déploration, sociétés d'esclaves passifs, sociétés moisies.

Cette Europe névrosée ou cette Amérique cinglée sont en train de contaminer, par la manie de l'assistanat tous azimuts, des peuples d'autres continents élevés dans le pragmatisme et la responsabilité individuelle. Il est temps de réagir, d'inverser les points de vue. C'est la lutte des plurofuturos, de ceux qui construisent leur devenir, sans illusions, avec la détermination des désespérés, qui alertent la planète et veulent des solutions plurielles, contre les monorétros, les tenants du passé (toujours meilleur dans son idéalisation), de l'arrêt de l'histoire et d'une conception unique du monde : la leur.

La question en fait n'est pas de survivre mais de vivre. La question n'est pas de durer comme un poulpe baveux mais de jouir et profiter de chaque petit moment. La question n'est pas d'avoir peur du futur et de se sentir impuissant, mais de prendre en mains la nature de son existence et repenser notre vivre-en-commun, ici d'abord, dans ce que l'on voit.

La responsabilité de chacune et chacun est première. Et puis, quand tout s'écroule, comme en Thaïlande ou à Haïti, on ne perd pas son temps en lamentations, on aide, on agit, on reconstruit. Le drame est aussi normal que son absence. Il est temps que la restitution de la mort et de la souffrance dans notre quotidien, de leur potentialité, soient des moteurs d'énergie, de jouissance, de créativité.

No survivalism. We want to live day after day ! 2012 is shit. We build here and everywhere : that is the struggle of Plurofuturos against Monoretros !

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