01 : 09 : 20

BAS LES MASQUES !

(faîtes circuler ce texte car nous avons besoin de défense des libertés et de débats critiques / utilisez NO MASK comme signe de résistance)

Bas les masques !

Se sentir en décalage avec la vulgate commune est habituel. Il est d’ailleurs probablement utile pour le « mainstream » d’avoir des fureteuses et fureteurs en hors-piste. Mais notre temps historique me paraît très singulier.

Deux choses sont frappantes : l’hyper-convergence médiatique et la docilité immédiate de populations en prison mentale et matérielle. Elles posent de façon directe des questions non traitées depuis longtemps : la démocratisation de l’information et le droit à la diversité des modes de vie dans une structuration locale-globale stratifiée.

Des médias auto-bâillonnés

J’ai écrit depuis longtemps sur la normalisation des sociétés et le « grand hôpital planétaire ». Cette tendance était rampante. Et puis, en peu de temps, sans aucune concertation ni aucun débat, est advenu le confinement accepté de milliards d’individus dans une accélération dont l’Histoire ne nous a pas habitué à cette échelle.

Ce qui est sidérant reste le basculement des pouvoirs et l’absence totale de débats sur des décisions qui engagent sur la durée le devenir commun. D’un seul coup, les pouvoirs politiques en domino ont consacré un principe de précaution en règle allant jusqu’à saborder l’économie. L’argent dominant est devenu virtuel. Et les médias minoritaires (ces médias de masse peu nombreux qui touchent beaucoup de personnes) ont embrayé dans un matraquage sans équivalent dans l’Histoire et sans contradiction. Nuit et jour, toutes les informations se sont concentrées sur le même sujet, ignorant les milliards d’expressions individuelles s’occupant d’autre chose.

La technique, habituelle désormais, de l’assaut préventif a interdit toute tentative de débat en traitant de « complotistes » ou « négationistes » celles et ceux qui voulaient émettre d’autres pensées de la situation en parlant de pays comme la Suède qui avaient décidé d’appliquer des comportements plus rationnels ou de comparer les maladies et leurs dangers en prenant en compte les effets induits des confinements. Les pensées alternatives ne sont pas juste le fait de zozos sectaires ou paranoïaques.

La chose n’est pourtant pas une première car la concentration des opinions publiques advient aux moments historiques forts (l’ « Union sacrée » en 1914-15). Mais elle est en l’occurrence --par sa brutalité, sa radicalité, son absolutisme-- la caricature d’un système qui se révèle très déséquilibré.

Nous vivons l’ubiquité : la vision directe est étouffée par la vision indirecte par écran interposé. Jamais, le « loin » n’a autant eu d’implications pour le « près ». Ce déséquilibre est structurel dans l’information et vient de connaître une apogée avec ce virus. Hyper-visibilité d’un sujet contre invisibilité de milliards d’autres. C’est irrationnel et dangereux.

Le triomphe des politiques enrégimentés et du lobby médical, parallèlement à la faiblesse médiatique et économique, ne peut nous satisfaire. La question de la démocratisation de l’information se pose ainsi aujourd’hui avec plus d’acuité que jamais. C’est une question éducative à tout âge mais aussi structurelle : nous manquons de médias intermédiaires qui pourraient sélectionner et faire émerger des infos parmi les milliards d’émissions individuelles. Si la seule manière pour les spectateurs-acteurs d’apparaître dans les médias minoritaires est de jouer le marketing des réseaux sociaux, jamais un texte comme celui-ci n’a aucune chance de pousser qui que ce soit à se poser des questions. Et c’est un problème.

Le triomphe de l’humour ou de la colère comme vecteur vidéographié dans une mise en scène de soi condamne l’écrit et oublie les idées. Voilà des questions qui devraient être posées. Elles permettraient d’éviter que des milliers d’heures soient passées à ânonner les mêmes choses, tandis que les pensées contradictoires sont invisibles. Au black out total de départ au temps du confinement dans une propagande sans précédent et sans équivalent, seules de très très rares voix contradictoires cohérentes ont pu s’exprimer (comme l’anti-hygiénisme d’André Comte-Sponville). C’est consternant et dangereux. C’est révélateur.

Des populations voilées

Regardons-nous vraiment ce que nous sommes devenus par consentement mutuel ? Des êtres hagards en distanciation sociale, masqués, anonymisés, clonés dans une nouvelle religion hygiéniste. Filmons-nous et réfléchissons. Aurions-nous cru en octobre 2019 en un pareil film de science-fiction ? La question n’est pas celle de crises sanitaires locales temporaires, c’est celle de l’application généralisée d’un principe de précaution sur la durée à tout le monde, même aux âges et conditions de santé peu risqués, et partout.

Nos scientifiques se sont joyeusement emmêlés les pinceaux (masque, pas masque…) et c’est normal car ils découvraient une maladie nouvelle. La science est expérimentale et résulte d’un savoir critique. Mais on agit comme on soigne : avec une courte visée. Les médecins traitent du corps et souvent d’une partie spécialisée du corps. Chaque individu est un puzzle médical. L’esprit, lui, ne compte pas ou alors il est traité séparément dans des cellules de dégrisement doloriste par des professionnels de la profession.

Il est pourtant d’autres aspects oubliés dans la santé : le rapport aux autres et à l’environnement. Il est aussi d’autres spécialistes qui pourraient apporter des éléments de compréhension, spécialistes-généralistes nécessaires. La course en avant dans l’hygiénisation généralisée doit être questionnée et pas par les seuls médecins. Voilà ce qui est scientifique. Voilà pourquoi il faut réévaluer les savoirs et les savantes et savants de toutes disciplines.

Nous ne pouvons accepter une société liberticide du contrôle généralisé au nom du « Bien » et de la durée. La surveillance et la disparition de la vie privée comme celle de la liberté d’expression sont des calamités pires que ce qu’elles veulent corriger. L’intrusion administrative dans tout –cancer généralisé moderne--, comme l’inquisition de tous les actes du réel (filmés sans cesse) ou à distance (espionnés et utilisés) définissent des sociétés du contrôle. Elles viennent de franchir une étape décisive avec l’Ordre sanitaire. Bientôt nous serons punis pour comportement sanitaire déviant, rejetés, parqués, supprimés.

Il est temps de réagir. Je suis censé être à risque et ne prône pas l’illégalisme. Je porte un masque quand on m’y oblige. Mais portons des masques « NO MASK », des masques qui refusent ce carnaval sinistre, cette mascarade dont on ne sait même pas si elle est utile.

Et puis ne nous laissons pas chloroformer par les gesticulations hygiénistes. Les masques ne nous protègerons ni des pollutions de l’air, de l’eau, de la terre, ni des dérèglements climatiques, ni des catastrophes naturelles ou non… Il est temps de repartir du local pour peser sur le global, de penser aux fondamentaux ici et partout, d’avoir une conception stratifiée. Nous ne pouvons rester des Terriennes et Terriens aveugles à ce qui se passe pour nous et autour de nous. Nous devons devenir des Terristes, des défenseuses et défenseurs de cette planète unique en évolution où les humains interagissent avec l’environnement. Bref, remettre les choses dans l’ordre des priorités, maintenant, ici, autour de moi et du directement visible, en réseau et en résonance planétaire.

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09 : 08 : 20

ETRE TERRISTE

Etre Terriste, c'est quoi ? Pas être "terroriste", ça c'est sûr....

Etre Terrienne et Terrien, c'est habiter sur la planète Terre. Etre Terriste, c'est défendre cette planète dans toutes ses richesses et diversités, sur une Terre où les humains sont un des éléments de l'environnement global. Etre terriste, c'est probablement alors d'abord la prise de conscience de notre réalité locale-globale et de la relativité des situations.

Etre terriste ou "TERRIST" (car toutes les langues peuvent décliner le terme), c'est vouloir agir de façon singulière-plurielle pour défendre notre planète commune unique dans sa biodiversité et sa culturodiversité. Etre terriste, c'est partir du local (le "directement visible") pour s'occuper en réseau d'un global qui s'impose partout (climat ou pollutions ou pandémies ou migrations ignorent les frontières). C'est donc la constatation d'une convergence globale des intérêts dans la diversité locale des solutions.

Voilà pourquoi l'originalité du mouvement "TERRIST" est d'être une non-organisation. Sans chef-fe et sans structure. Mais destinée à rassembler largement des millions de personnes conniventes et amicales dans leurs variantes solidaires pour un but commun. Et des signes de ralliement se disséminent : une bannière (voir photo jointe) ; une carte d'adhésion volontaire avec quelques principes (qui peuvent évoluer) ; un petit site Internet artisanal : terrist.com ; une monnaie non-financière, Unité de Valeur Universelle (UVU), permettant à chacune et chacun de coter les biens ou les actions, c'est-à-dire de faire une relecture constante.

Tout le monde peut se dire "TERRIST". A condition cependant de promouvoir des principes simples. Etre terriste, c'est chercher à peser pour la préservation dans l'évolution, c'est refuser la notion absurde de "progrès" pour faire des choix rétro-futuro, combinant un conservatisme sélectionné et l'innovation dans le mouvement. C'est saisir la nécessité de "limites dynamiques", où le "Bien" et la technologie ne sont pas des valeurs assurées mais des expériences à évaluer, où des arrêts, des refus, permettent aussi une vie considérée comme harmonieuse avec l'environnement. Etre terriste, c'est ainsi agir dans une philosophie de la relativité, acceptant des croyances diverses et des conceptions de vie variées sur la base d'un Pacte commun évolutif. Etre terriste, c'est affirmer la nécessité d'éducation et d'expérimentation à tout âge dans le respect de savoirs questionnés. Etre terriste, c'est appréhender un réel stratifié entre l'ici et l'ailleurs (le local, le régional, le national, le continental et le terrestre).

Ainsi, être "TERRIST", ce n'est pas être humaniste ou naturophile, mais c'est dépasser cela pour vivre la relativité environnementale dans son ensemble. Etre terriste, c'est appréhender le poids des actions humaines depuis le basculement des XIXe et XXe siècles avec l'industrialisation et l'augmentation démographique : l'ère de la MASSIFICATION HUMAINE (explosion démographique et multiplications industrielles). Etre terriste, c'est de ce fait choisir chacune et chacun son chemin ici, sans oublier nos interdépendances et nos responsabilités personnelles et collectives lourdes. Etre terriste, c'est devenir des Terriennes et des Terriens conscient-e-s, déterminé-e-s, imaginatives/tifs, voulant lutter contre les destructions et les uniformisations pour poursuivre l'aventure d'une planète unique dans sa diversité.

Voilà en tout cas des propositions claires et rationnelles pour organiser les actions humaines préservant nature et cultures dans le mouvement. Aux humains d'aujourd'hui de nous prouver que leurs destructions de l'environnement, leurs accumulations financières pour quelques-uns, leurs guerres, leurs génocides culturels à force de matraquage commercial standardisé, leurs pensées uniques imposées par la force et la censure et la répétition, ont d’autres perspectives que funestes ! La charge de la preuve a changé de camp. Nous demandons des comptes. Nous sommes les pragmatiques ici et maintenant. Nous voulons une autre organisation des actions humaines dans une prise de conscience planétaire. Allons-nous continuer ainsi ?

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05 : 05 : 20

Supprimer le ministère de la Culture ?

SUPPRIMER LE MINISTERE DE LA CULTURE ?

Alors que les forces culturelles se mobilisent en France et que le président de la République fait des annonces, rappelons notre appel dès le début du confinement à la "Résistance culturelle".

Un grand marasme risque en effet de résulter de cette période. La culture s'est vue marginalisée et même regardée comme inutile, coûteuse, pour quelques-uns. Finalement, les idées du Front national ont gagné partout pour une vision rabougrie, repliée sur des logiques territoriales et de rentabilité directe. Mais la culture c'est notre tissu social, de la Joconde au sport, du tourisme à la gastronomie. Nous vivons de toutes les formes culturelles.

Et, au passage --cela m'énerve prodigieusement alors que j'ai consacré aux musées une grande partie de ma vie avec tant de professionnels imaginatifs et talentueux (imaginatives et talentueuses souvent) mais "taiseux"-- arrêtons d'ostraciser les musées :
LES MUSEES FONT VIVRE LES PIECES DE NOTRE HISTOIRE ET DE NOTRE IMAGINAIRE

Ce sont des oeuvres et objets qui parlent, qui nous parlent. Les musées et médiathèques et bibliothèques ont beaucoup changé. COMMENT PARLER DE CULTURE SANS LES TRACES DE NOTRE HISTOIRE, DE NOS ARTS, DE NOS SAVOIRS ?

Décidément, il y a un problème de fond dans ce pays quand un ministère est en déshérence, avec des agents placardisés sans moyens, juste utile pour être un guichet aux dernières subventions des lobbies les plus puissants. Depuis François Mitterrand, aucun président de la République ne s'est intéressé à la culture véritablement. Et dans le passé, il faut revenir à André Malraux et le général de Gaulle ou Jacques Duhamel et Georges Pompidou et Jacques Chaban-Delmas pour avoir une impulsion culturelle véritable.

Je l'avais écrit dans le journal Le Monde, soit le ministère de la Culture doit être renforcé en englobant le tourisme et tout ce qui fait image pour le pays, soit il faut le supprimer et que les régions aient leur propre politique culturelle parallèlement aux initiatives privées. Il est peut-être temps, à la faveur de la crise sanitaire actuelle devenant une crise économique, de redéfinir les missions de chacun dans des réalités stratifiées où, des municipalités à l'Etat et à l'Europe chacun puisse faire des choix et donner des impulsions à un champ culturel élargi, mêlant cultures élitistes et cultures populaires avec une pensée de l'aménagement territorial.

Dès la Première Guerre mondiale où Hollywood s'est développé pour devenir la première industrie des Etats-Unis, balayant la position dominante de la France avant le conflit, ce pays a compris l'importance des industries et expressions culturelles où le "low" influence le "high" et où le marginal peut retoquer le mainstream.

Profitons du marasme à venir pour renforcer notre défense d'un domaine si important, si ancré, si vital pour notre devenir. NON LA CULTURE N'EST PAS HONTEUSE, ELLE EST MEME NOTRE CAPACITE A INNOVER ET A RAYONNER !

Oui, de la ruralité, nous vous interpelons, car il est temps de prendre les choses en mains. Faites circuler ce texte...

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26 : 04 : 20

La rumeur planétaire

La rumeur

planétaire

Vous étiez au courant d’un virus qui a changé de nom entre coronavirus et COVID-19 ? Oui probablement. Nous vivons, là maintenant en 2020, une époque singulière de centralisation, polarisation et répétition médiatique sans précédent dans l’Histoire. Un envoutement généralisé. Jamais durant les guerres mondiales ou les grandes crises un tel matraquage ne s’est opéré, car l’état des communications n’était pas semblable. Voilà le premier temps d’une propagande de masse convergente planétaire. Cet article n’est pas consacré au virus et à ses représentations mais à un rapide décryptage (je n’ose plus utiliser ce mot si galvaudé, alors que je l’utilisais déjà dans les années 1990 et ai créé le site decryptimages.net…) de la congestion médiatique inédite.

Le propos n’est ainsi pas de juger des faits –et c’est bien le problème—car les faits ne pourrons être jugés qu’à posteriori. Cet emballement général doit alors conduire à réfléchir à deux phénomènes actuels : le virtuel absorbe le réel ; l’espace privé est aboli.

Le virtuel absorbe le réel

La plupart des populations, qui vivent d’autres épidémies, des cancers, des morts nombreux pour diverses raisons (pollutions, catastrophes naturelles, guerres, misère…) se sont retrouvées confrontées à une polarisation totale de l’information sur un seul sujet : le virus. Et le plus fort de cette affaire est que ces informations venues de loin, qui n’avaient la plupart du temps aucune matérialité dans le quotidien, aucune visibilité, aucun effet, ont fait basculer plusieurs milliards de personnes dans l’immobilisme.

C’est-à-dire que le virtuel, le « on dit », le « on a vu », s’est mis à contraindre la vie pratique de ces personnes et à paralyser les économies. Tu ne raisonnes plus en fonction de ton espace de vie, de ton directement visible, mais tu transformes totalement ton espace de vie au nom de l’ailleurs et l’ailleurs t’impose la « distanciation sociale » (nouvelle expression médico-technocratique), terrible séparation des corps et dérapage fatal vers la communication indirecte. Ce ne sont pas les morts autour de toi qui paniquent comme lors des pestes jadis, non les morts sont invisibles, ce sont des chiffres assénés et souvent des chiffres putatifs : la terreur en statistiques prospectives --en omettant d'ailleurs les morts "secondaires", ces morts réels indirects provoqués par les mesures de confinement. Très étrange moment historique qui conduit à plusieurs réflexions.

D’abord c’est le retour apparent de l’autorité des Etats, mais en fait on s’aperçoit que ces Etats sont interdépendants dans un jeu de dominos tombant les uns après les autres. Il n’existe pas de gestion globale des problèmes terrestres et cela se fait sentir. Chacun ouvre son parapluie.

D’autre part, le seul dénominateur commun à tous les humains demeure les sciences (j’ai lancé en 2012 à Hong Kong le mouvement « Résistance des savoirs / Knowledge is Beautiful ») et même Donald Trump --qui pourtant incarne avec Bolsonaro l'emprise immorale et destructrice de l'argent accaparé par quelques-uns-- a éprouvé le besoin d’avoir un Jiminy Cricket scientifique à ses côtés. Or les sciences sont fondées sur l’aspect expérimental, ne sont pas exemptes de querelles de spécialistes pour des intérêts divergents, et possèdent une temporalité qui n’est pas celle de la réponse immédiate des médias en continu. Sciences et médias, sciences et politique fonctionnent difficilement, d’autant que la dramatisation sert à défendre des intérêts sectoriels.

On s’aperçoit alors que les Etats sont fragiles en fait et dépendants. Ils sont soumis à une structuration médiatique qui est très concentrée sur peu de nouvelles avec un impératif marketing de faire de l’audience, donc pas forcément d’informer mais de vendre des informations. Et, face à la convergence et à la répétition médiatique sans précédent sur le virus –alors que l’obsolescence est généralement de mise, passant d’un émoi à un autre--, les dirigeants ont cédé.

Cela montre bien les dysfonctionnements à l’œuvre dans la gouvernance. Pas assez de pouvoir local et pas assez de gouvernance globale. Nous n’avons rien adapté au monde stratifié qui est le nôtre, où le retour nécessaire au local devrait s’accompagner de décisions prises à chaque strate compétente (régionale, nationale, continentale et terrestre). Et c’est vrai également pour les médias où tout est hyper-concentré sans médias-relais intermédiaires pour trier et valoriser parmi les milliards d’expressions individuelles ou de petits groupes, ce qui d’ailleurs aiderait les médias mainstream (ces médias minoritaires qui pèsent totalement) à diversifier leurs infos et leurs approches. A exclure les critiques exogènes dans une défense corporatiste, ils nourrissent des réflexes de défiance absolue, de déconnexion ou des tendances paranoïdes complotistes.

Ainsi, avec cette dévoration du réel par le virtuel, l’autre écueil grave réside dans la perte de la mesure, du rationnel. On fait parler en boucle une partie des scientifiques, spécialistes ou pas de virus (c’est le triomphe de la blouse blanche), mais notre réel quotidien est fait de beaucoup d’autres aspects très importants. Outre le fait qu’il existe bien d’autres façons de mourir de façon massive (cancers, accidents de la route…), la survisibilité exclusive impose l’invisibilité encore plus grande de phénomènes cruciaux de nos rapports à l’environnement qui tuent bien davantage que ce nouveau virus : les pollutions de l’air, de l’eau, de la terre, les dérèglements climatiques, la malbouffe… Les grands criminels restent impunis quand un jeune délinquant devient cause de tous les maux de la planète.

Voilà l’irréalité que nous vivons au temps de la dévoration de notre vie quotidienne par un virtuel polarisé. Le virus c’est la polarisation.

Abolition de l’espace privé

Ces temps très singuliers accélèrent un autre phénomène grave : la disparition de la vie privée. Dans les années 1970, nous assistions à une captation de la vie privée par les idéologies politiques. Tout le monde devait avoir un idéal et la vie privée se fondait dans cet idéal. C’était l’héritage des grandes utopies de l’entre-deux-guerres, relayées par l’affrontement de la guerre froide.

Aujourd’hui, partout dans les médias, on parle du « corps » et on se livre à la confession. Chacune et chacun se raconte entre nombrilisme exacerbé, psychanalyse publique et recherche de l’empathie dans une surenchère doloriste (plus tu souffres, plus tu vaux). Le confinement a fait totalement basculer. On est au-delà du selfie (moi et…, mais moi partout), welcome at home ! Pour les célébrités comme pour les anonymes, bienvenue dans les cuisines, regardez mon plumard, comme c’est drôle quand je joue dans le couloir avec mes gosses et du papier-chiottes…

Le confinement a ouvert une énorme barrière, celle de la porte d’entrée des logements. Cela se rajoute à la tendance longue de l’autoreprésentation. Tu existes parce que tu te montres dans les réseaux sociaux. Guy Debord parlait de la société du spectacle, je dis depuis longtemps que nous sommes entrés dans les sociétés des spectateurs-acteurs, pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur parce que la connexion abrase les concentrations géographiques nécessaires et abolit la rupture ville-campagne, parce que les échanges horizontaux deviennent essentiels à la circulation des informations et aux échanges.

Pour le pire, car qui ne se montre pas, n’existe pas. Dans l’obsolescence généralisée et la perte des repères avec une crise éducative grave, la visibilité incarnée est essentielle. Nous jouons notre rôle. Nous devenons même la caricature de notre identité supposée et la complexité n’a pas de place. Nous sommes prisonnières et prisonniers à tout âge de notre réputation, des rumeurs, parfois malveillantes et criminelles. Et le ricanement s’impose comme le nouveau volapük obligé, traduction du désarroi d’êtres sans repères, candidats à l’addiction aux divers maîtres à penser, à l’exploitation de la souffrance morale, sortant pendant l’épisode COVID-19 ce slogan paradoxal « Plus de masques ! ». Nous vivons dangereusement dans ce monde de l’apparence.

Le COVID y a ajouté une dimension indélébile. Il a ouvert définitivement toutes les portes de l’intime. Mais il est aussi le démarrage de ce que j’ai appelé le «grand hôpital planétaire ». La médicalisation de tout, l’hygiénisation au nom d’une durabilité illusoire. Nous n’avons plus le droit de mourir. Nous n’avons plus le droit de nous détruire. Panique chez les artistes… Van Gogh et Manchette au sanatorium ! La mise en fiche électronique a commencé et beaucoup demandent à pister les personnes à risque. Nous devenons des stigmatisés de la statistique. Cela pourrait faire sourire, c’est terrible.

C’est terrible parce que c’est une longue mise en place des sociétés du contrôle. Au nom de notre « bien », on nous auto-enferme. Au nom de notre durabilité, on nous interdit des comportements et on nous emprisonne dans des camisoles chimiques. Au nom du « bien », nous sommes administrativement pistés partout, remplis de publicités ciblées, réduits à nos clics. Sidérés, robotisés, uniformisés, apathiques ou révoltés pour réclamer plus de servitude. Au nom du « bien » et du « progrès », le cancer administratif s’auto-reproduit et contamine les populations --épaulé par la judiciarisation galopante-- en multipliant les procédures qui visent à justifier de tout plutôt qu’à faire.

De façon annexe, cela pose aussi définitivement la question de vivre longtemps pour vivre longtemps, qui n’a aucun sens, comme l’argent n’a aucun sens (ce qui compte est ce qu’on en fait –banalité de base). Une vie intense, voilà un but probablement plus stratégique. Une vie de partages, de découvertes. La philosophie personnelle doit donc revenir pour sortir des réflexes dociles sans fondement grâce à une acquisition de connaissances permettant des choix à tout âge. Non, la défense du libre-arbitre n'est pas un modèle si répandu en fait dans les communautés des humains.

L’épisode actuel disparaitra (pour d’autres) –mais pas l’hygiénisation et les sociétés du contrôle. Et il restera des séquelles autres qu’économiques (avec de terribles dangers d’inégalités renforcées par des crimes écologiques et culturels). Elles peuvent nous orienter vers l’uniformisation autoritaire au nom du « bien » et/ou au contraire un éclatement généralisé en autant de communautarismes autarciques concurrents. Elles doivent ainsi nous inciter à penser la démocratisation et la diversification des médias, la stratification des décisions du local au global en refondant partout notre rapport à l’environnement dans une révolution éducative nécessaire avec une claire conscience de nos intérêts communs « terristes », de cette aventure collective sur une planète unique.

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19 : 04 : 20

Auto-photo

MESSAGE PERSONNEL, MESSAGE UNIVERSEL

Je me montre rarement sur ces réseaux où chacune et chacun ne cesse de se raconter, comme si cela intéressait la planète entière. Dégorgement vomitif du nombrilisme compulsif.

Et pourtant, dans ces temps de confinement, de précautions, d'assurances tous risques, je montre ma trombine pour rappeler un droit essentiel : celui de choisir de mourir.

Ce choix je ne l'ai pas fait (rassurez-vous, ou pas). Mais le rappeler permet de restituer une réalité qui oriente sa vie et lui donne un prix. Morts potentiels, nous sommes des vivants plus intenses, qui exercent leurs libertés, choisissent, parlent à celles et ceux qui nous importent.

Ne nous laissons pas chloroformer et bâillonner au nom d'une durabilité qui n'a pas de sens.

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16 : 04 : 20

Virus in Mind by Mister Local-Global

BLABLAVIRUS

La chanson un peu folle pour traverser le temps qui peut changer à chaque instant


Vous me racontez

Une longue histoire

Vous me répétez

Des morceaux en forme de poire

Je ne vois rien

Sauf vos tronches masquées

Coronaminus

Coronavarius

Covidstar

Covidstar

Blablavirus

Où es-tu ?

Tu t’éclates

Dans ton squat

A crier

Des débilités

T’as peur aussi

Coronaminus

Coronaparci

Coronaparlà

Coronatueur

Coronarumeur

T’es à l’air avec tes poules

Tu butines les salades

Te fous des foules

Soutiens les malades

Vois les viocs

Qui pendeloquent

et les aime

même au carême

Coronaminus

Coronavarius

Covidstar

Covidstar

Blablavirus

Yaourt à cervelle anesthésiée

Votre histoire est bien blanche

Comme un médicament

Elle est bien paralysante

Comme un testament

Coronavie

Narocorusvé

Cocoronié

Coronamytho

Couroucoucou

La musique c’est fait pour se balader

Pour rêver et s’impliquer, rigoler

La musique, c’est fait pour oublier

Ca déchire dans ma tête,

J’ai l’haleine blette

Tu es paralysé, tétanisé, chosifié

Par l’invisible

Coronaminus

Coronavarius

Covidstar

Covidstar

Blablavirus

Enchaîné

Je suis déchainé

Echappé

Vous échapper

Repenser

Gambader

Luciole…

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10 : 04 : 20

A et O, La communication virale

LE TRIOMPHE DU VIRTUEL

J'ai rencontré à quelques mètres des personnes d'apparence réelle hier. Ca m'a fait bizarre...

De fait --que ce soit vu comme positif ou négatif-- nous sommes entrés dans la plus grande opération de propagande planétaire de l'Histoire, avec une focalisation totale de tous les médias. Elle s'applique à des personnes qui sont séquestrées volontaires, séparées, isolées et plus que jamais dépendantes de la vision indirecte puisque leur vision directe se limite à quelques mètres.

L'anonymisation, la massification, la politique des quotas est appliquée à une population masquée et bientôt pistée. Tout devient virtuel, même l'argent quand les entreprises privées sont brutalement plongées dans un endettement qu'elles subissent et dont elles ne sont en rien responsables, quand les individus vivent des chômages techniques forcés et quand les Etats dépensent un argent qui apparaît soudain.Viralisation généralisée.

Le virtuel triomphe partout au détriment d'un réel confiné. Nous sommes entrés dans ce dont je parlais depuis longtemps : les sociétés du contrôle dans un grand hôpital planétaire. Chacune et chacun va pouvoir être surveillé en direct. L'apathie générale me frappe de quotidiens hébétés.

Une population-Zorro dans un grand plan blanc est en train de protester pour se baillonner au sens propre. Plus de masques, plus de masques crie la droite comme la gauche ! Et les délations vont bon train...

Je suis censé cocher toutes les cases des personnes dites à risques, donc je ne fais pas n'importe quoi. Mais de là à déguiser tout le monde dans un grand carnaval sanitaire sous le prétexte de préconisations fluctuantes, puisque certains disent que le problème vient d'un déficit de personnes contaminées pour pouvoir sortir du confinement...

Moi, plus on m'enchaîne, plus cela me déchaîne... J'ai lancé beaucoup de projets qui sont un échappatoire du ciboulot, une rupture face au chloroforme généralisé, aux existences réduites dans le plus petit néant commun. A la servitude volontaire chère à La Boétie, on ajoute la séquestration naturelle. Chacune ou chacun devient le geôlier de soi-même.

SOCIETE DU VIRTUEL, SOCIETE ANESTHESIEE. Plus que jamais, la Résistance culturelle est nécessaire, le retour de l'imagination et surtout la reprise en mains de notre vision directe. Imposons la reconquête du réel ! Ne nous faisons pas voler le futur dans une grande entourloupe de la peur ! Lançons un tri rétro-futuro pour savoir ce qu'on veut conserver et là où il faut évoluer ! Pensons enfin du local au global avec des strates de décisions ad hoc ! A la paralysie volontaire par hantise pandémique doit succéder la mobilisation environnementale et une conscience terriste pour l'ici et l'ailleurs !

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06 : 04 : 20

"Mon coronavirus" by Mister Local-Global


Grand hôpital planétaire

ou

mutation environnementale


Cette intoxication planétaire subite que nous vivons n’est rien moins qu’irréelle, imprévue et surprenante. Elle induit directement un rapport différent à ce que nous nommons le « réel » et à nos priorités quotidiennes. Aura-t-elle des conséquences profondes pour le devenir de nos sociétés ou sera-ce juste une parenthèse étrange ?

Beaucoup de signes nous incitent à craindre que la seconde solution ne soit ce qui adviendra : la reprise des mauvaises habitudes. Déjà, les chamailleries pour chercher des responsabilités à posteriori sont délétères et participent de la décridibilisation de politiques qui restent dans des logiques partisanes hors de propos et de médias obligés à la surenchère incessante du scandale pour réveiller l’intérêt d’une info en continu particulièrement répétitive (ce sont les avatars du « news market »).

Pourtant, nous vivons deux phénomènes prometteurs qui devraient trouver des développements : l’émergence de médias intermédiaires et l’abolition de la séparation ville-campagne.

L’émergence de médias intermédiaires

La structuration de l’information est –on le sait—particulièrement déséquilibrée. Il existe des médias de masse qui font circuler quelques nouvelles en boucle et, de l’autre côté, des milliards d’expressions individuelles sans relai. Ce déséquilibre est patent et nocif. Aujourd’hui d’ailleurs il trouve son expression dans le retour des Etats et la monopolisation de l’information au sujet d’un virus éphémère d’un seul coup starisé.

L’information, les informations, ce sont des milliards de micro-événements. Bien sûr ces micro-événements ne peuvent être connus à égalité d’intérêt. Cependant, ce que nous vivons au niveau des décisions planétaires, existe aussi au niveau de la structuration de l’information. Il faudrait le développement massif de médias intermédiaires, qui sélectionnent ce qui vient de la base et sont ainsi force de proposition et facteur de diversification pour les médias de masse.

Je plaide depuis longtemps pour le développement d’une Histoire stratifiée, qui va du local au global. Pour l’information, il en est de même. Et, à cet égard, l’effet positif du confinement est que, des individus aux institutions, tout le monde a pris conscience de l’importance de notre ubiquité. Oui, nous ne sommes plus dans la seule société du spectacle comme le postulait Guy Debord au temps de la télévision triomphante, mais, au temps d’Internet et des réseaux sociaux, nous sommes devenus des spectateurs/trices-acteurs/trices. Cela veut dire que nous vivons l’ubiquité totale : nous vivons ici, avec les réalités du directement visible, mais avec tout le poids d’un ailleurs que nous ne voyons pas et qui pèse sur nos actes et nos pensées.

Sinon, comment expliquer le coup de chloroforme général de ce virus invisible. De surcroît, nous émettons, nous vivons en apparaissant dans la vision directe mais en apparaissant dans la vision indirecte aussi, parfois massivement, pour le meilleur et pour le pire. Nous sommes le représentant de commerce de nous-mêmes dans un temps où le multi-visible et le talent oral importe plus que le contenu --d’où d’ailleurs les « punchlines » préparées et la technique des colères incessantes.

Cela n’est pas que dangereux ou négatif, car l’époque singulière où nous vivons a incité les particuliers comme des communautés ou des institutions à prendre conscience de ce rôle d’émetteur. Beaucoup alors ont soit construit de petites chroniques suivies ou découvert des programmes à distance qu’ils pouvaient valoriser et développer. Il reste cependant à faire éclore des portails à toutes les strates, à passer d’une information de l’exclusivité à une information du partage et du signalement. Cela valorisera des expressions individuelles singulières ; cela aidera la diversification des médias de masse.

L’abolition de la séparation ville-campagne

Ce qui me frappe, moi qui ai vécu à Montmartre et suis maintenant dans le plus grand couloir forestier de France en sud-Corrèze, est l’abolition de cette rupture ville-campagne provoquée par les mesures liées à ce virus. Quand tout s’arrête, les modes de vie sont les mêmes et les aspirations semblables. S’est opéré alors un exode urbain massif car beaucoup ont vite compris que le confinement dans des espaces confinés était un problème. L’arrêt des transports a rendu une ville de couvre-feu avec ses silences et ses oiseaux et un Airparif notant au bout de 15 jours «une baisse des émissions de plus de 60% pour les oxydes d’azote ».

Une ville un peu à la campagne. Une ville en tout cas qui prend conscience de son empoisonnement journalier dans des espaces de vie de plus en plus étroits. Du point de vue climatique également, la suppression du végétal a montré ses effets néfastes. Toutes les conditions sont ainsi réunies pour une vraie pensée de la ville avec la nature, des villes végétales respirant grâce à ce qui devrait s’amorcer : l’agrandissement des espaces par l’exode urbain. Des villes de micro-quartiers qu’on s’approprie, car une ville n’est pas un bloc, mais un agrégat de quartiers différents et de circulations.

Pour les campagnes, il semble bien que nous ayons atteint un pic négatif, celui de l’exode avec ces villages sans commerces et sans services publics, ces terres sans repreneur, ces perspectives de travail très restreintes pour les jeunes. Les urbains réfugiés momentanément dans des « déserts ruraux » constatent que souvent il existe une vivacité du tissu social, des réseaux associatifs très importants, des initiatives avec des jeunes qui expérimentent dans différents domaines (agriculture comme artisanat ou entreprises de niches). L’accès à Internet en plein développement avec la fibre change complètement le rapport au territoire.

Nous entrons ainsi dans une ère locale-globale où un interlocuteur australien se moque que son correspondant soit à Paris, Lyon ou dans la Creuse. Le réveil des campagnes s’est amorcé et c’est un mouvement profond qu’il faut accompagner --notamment en maillant le territoire avec des pôles d’excellence dans la ruralité (cessant cette concentration parisienne obsolète et autodestructrice).

Ce réveil des campagnes permet de valoriser les territoires avec leur diversité, mêlant traditions choisies et innovations. Ce n’est pas un localo-localisme, la tête tournée jusqu’au torticolis vers le passé en s’imaginant obtenir le bonheur par l’exclusion des autres, mais de la fierté locale pour les habitantes et habitants de longue date comme pour les nouveaux arrivant-e-s, combinant des caractéristiques propres à la culture du lieu et des idées novatrices pour toutes et tous tenant compte des évolutions, notamment climatiques. Un vrai local-globalisme dans les micro-quartiers des villes, comme dans les villages.

Ce temps arrêté que nous vivons doit ainsi être un temps de remise à plat et de réflexion sur nos modes de vie. Rien ne serait pire que d’en sortir pour ne rien apprendre en nous construisant un grand hôpital planétaire de contrôle des individus, en injectant de l’argent massif dans la perpétuation de consommations obsolètes et polluantes ou servant à la financiarisation, en détruisant le tissu associatif précieux et la culture vue comme variable d’ajustement peu utile.

Passer du virus à la mobilisation environnementale générale semble un but raisonnable. Ce que les Etats viennent de faire dans la coercition des populations pour une maladie peut laisser à penser que nos enjeux directs, visibles, faisant tous les jours des morts, détruisant des cultures (on détruit la biodiversité et, ce faisant, on détruit aussi la culturodiversité), modifiant notre climat, mérite d’être considéré comme prioritaire.


 


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23 : 03 : 20

RESISTANCE CULTURELLE ET MOBILISATION ENVIRONNEMENTALE

Nous vivons une situation inédite : la paralysie et le confinement de millions de personnes à travers la planète. Jamais la peur d'un virus n'a eu autant de conséquences. C'est probablement un des effets de la guerre mondiale médiatique où les morts pèsent davantage dans l'imaginaire qu'autrefois, car ils peuvent être individualisés et leurs histoires circulent.

L'effet est la reprise en mains des économies par les Etats. La liberté donnée aux entreprises mondialisées trouve là ses limites et un mouvement de relocalisation s'opèrera. Mais ce qui peut inquiéter est la sortie de crise. En dehors de disparitions de secteurs entiers (et évidemment les secteurs culturels trinqueront), on risque de tomber vite dans des palinodies politiciennes qui nous masquent les vrais enjeux.

A force de chercher des "responsables" à tout ce qui advient et que personne n'avait prévu, on obtient un effet double : plus personne ne veut prendre le moindre risque et la paralysie et l'inefficacité gagnent ; la pensée de ce qui importe pour le futur est une fois de plus totalement évacuée.

Alors, cette période nécessite une vraie RESISTANCE CULTURELLE tout de suite. C'est ce que nous avons fait (comme d'autres bien sûr) symboliquement avec les expositions gratuites téléchargeables en ligne sur simple demande (nuage-vert.com/contact) et puis ces petites vidéos pour nous inciter à décaler le regard, disponibles sur le site ("ça bouge / vidéos") et avec la chaîne Nuage Vert sur YouTube. Le journal La Montagne a relayé (https://www.lamontagne.fr/…/correze-decouvrir-des-expos-e…/…).

Mais il faut aussi comprendre un raisonnement simple : si ce virus invisible est parvenu à provoquer la claustration de millions de personnes et l'arrêt des économies, n'est-il pas temps qu'une autre urgence planétaire, première, permanente et en courbe toujours ascendante, suscite des mesures radicales d'éradication : la crise environnementale ? Elle est visible directement car les pollutions, de la terre, de l'eau et de l'air comme les dérèglements climatiques et les empoisonnements de la malbouffe industrielle sont patents.

Combattre le virus, oui, mais pas pour tout recommencer comme avant et se perdre en chamailleries idiotes. Combattre le virus et lancer la MOBILISATION ENVIRONNEMENTALE. Changer nos règles dans une lutte frontale avec les périls en cours. La destruction environnementale --c'est-à-dire nos conditions de vie sur cette planète-- est une pandémie sans limites qui tue depuis des dizaines d'années.

(ci-joint un dessin récupéré grâce à Philippe Dubé au Québec, merci !)

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19 : 03 : 20

Anesthésie générale et Résistance Culturelle

Une intoxication planétaire est en cours. Cette vague virale foudroyante nait d'un doute généralisé. La claustration s'étend.

Et beaucoup de petites musiques se répandent. Les plus positives sont la mise de contenus et d'échanges en ligne développant de facto des médias intermédiaires dont nous avons besoin. Dans un nouveau système où le virtuel a pris le pas sur le réel, le réel dépend du virtuel et des solidarités du virtuel. De surcroît, tout le monde paraît fragile au même titre.

La mise en valeur concurrente des scientifiques est aussi une manière d'affirmer ce que je dis depuis longtemps : au-delà de la liberté de pensées et de croyances individuelles, les sciences critiques et expérimentales sont le seul dénominateur commun. Au temps des fake news ou des deep news (des faits intangibles affirmés en dehors de toute vérification et même en dépit de toutes les preuves contraires, c'est-à-dire dans un au-delà de la raison), la nécessité d'un référent commun est très pédagogique et indispensable.

Mais un tel arrêt prépare des lendemains difficiles et sûrement contrastés, avec les survivantes et survivants économiques, les gagnantes et gagnants d'un côté, et les désespérés ou les oubliés de l'autre. Parallèlement, se dessine une tendance localo-localiste d'égoïsmes concurrents sources de conflits.

Le retour au local, j'y appelle depuis des années, les circuits courts, les fonctionnements au plus près de la vision directe. Mais un retour au local dans des solidarités globales indispensables, que nécessitent nos urgences environnementales planétaires. Un local-globalisme, un terrisme (une défense collective de notre lieu de vie, de ce globe si singulier et si fascinant) ici et ailleurs.

Voilà ce qui doit nous guider. Et, tandis que les urgences sont là pour sauver d'abord des vies mais également des personnes et des entreprises en faillite, il importe de garder à l'esprit que résistance culturelle et résistance des savoirs sont aussi essentiels. Je pense à tout ce tissu associatif --souvent bénévole avec de petites subventions-- qui oeuvre considérablement au lien social.

Alors, la résistance culturelle s'organise avec des contenus en ligne. Et il faut poursuivre. A Nuage Vert, nous avons commencé une micro-action symbolique en plaçant tous les jours des petites chroniques courtes pour interpeler et notamment valoriser à distance les expos (à Nuage Vert et à la médiathèque Xaintrie Val'Dordogne) "Boris Vian, de la 'Pataphysique à la science-fiction". La SF, on y est en direct. Faisons vivre alors un tout petit peu ces expos fantôme de pièces rares (rubrique "ça bouge / vidéos"). C'est minuscule, c'est poisson-pilote comme tout ce que le musée mobile a réalisé (lancer des initiatives et des idées, souvent sans moyens, mais avec de l'imagination, pour que d'autres s'en emparent et développent). Des magazines, des petites fictions à l'arrache, des MOOC, des cours en ligne, des modules de découverte environnementale ou d'analyse des images, il y a tant à inventer...

Décidément, cet exceptionnel Boris Vian, à l'humour et à la poésie décapantes dans tous les domaines, mort brutalement à 39 ans, trinque encore (il a ramé...), non pas aux cocktails sur des solos de jazz ou de rock, mais à la cigüe médiatique obligatoire (le centenaire annoncé, tout est annulé)... Pauvre Boris ! On ne va pas le lâcher et on continuera à faire des événements quand cela ira mieux (tous nos intervenantes et intervenants veulent absolument venir). 

Et puis, méfions-nous, organisons la Résistance Culturelle (ReCult), car dans notre système du news market, nous vivons des polarisations exclusives et successives. C'est dangereux. Là aussi, la diversité est essentielle : on peut se mobiliser et apprendre ou se divertir. Les savoirs et les cultures au sens large d'expressions culturelles (qui vont aussi vers la gastronomie ou le sport) doivent innerver le corps social comme des valeurs collectives. Puisse cette mobilisation générale apporter une réévaluation de ce qui nous est indispensable à vivre, bien au-delà de l'argent et surtout de son accumulation irraisonnée. 

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