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2008
Bilan images et histoire
Ouf, enfin publié. Ce ne fut pas sans mal (merci Christian Delporte). Superbe couverture grâce à l'amitié d'Erro (et son tableau de 1974). Ce bilan est important (malheureusement vendu au prix du caviar ossiète). Il marque une date en affirmant les images comme source banalisée de recherche en histoire et en affirmant aussi la nécessité de travailler à des histoires du visuel qui englobent toutes les productions humaines, au-delà des seuls "arts". Nous espérons que cela va bousculer les habitudes, secouer les consciences et les corporatismes. Il n'est plus possible en effet de rester avec tant de distance entre des lieux de conservation au patrimoine iconographique exponentiel, une production et une circulation planétaires totalement nouvelles et massives, des habitudes et des demandes des étudiants débordantes, et un ronron des filières et des enseignements. En tout cas, nous avançons et, après l'histoire mondiale des images et les développements en ligne sur le site du CNDP, l'Institut des Images va travailler avec la Ligue de l'Enseignement pour remettre en ligne des décryptages d'images et inventer de l'e-learning. Bientôt tout le monde découvrira cette "évidence" (quand la revue Sciences humaines ignore encore, dans sa dernière livraison, tout de l'histoire du visuel et qu'on en reste juste à gloser sur histoire culturelle/cultural studies) : il existe des corpus immenses, des méthodes, des chercheuses/rs, des repères, une nécessité sociale pressante (nos enfants --et nous souvent-- vivent dans un bain iconographique indifférencié). En avant.
histoire des images
rencontres de genève
Photos d'Europe
Je suis entré dans cette opération au débotté, avec des pieds de plomb. Pour moi, l'Europe est un continent-monde dans le monde et je me méfie beaucoup des démarches identitaires à postériori. Là, il a fallu tenter de donner un peu de sens à des sélections effectuées par les représentations diplomatiques de tous les pays de l'Union européenne. Heureusement, la Fondation Alinari est sympathique. Big catalogue et expo ouverte le 4 février dans le gros gâteau à la crème Chantilly de Rome (monument à Victor-Emmanuel). Elle va tourner en Europe et hors d'Europe. Je vais essayer de la parfaire en cours de route.
Voilà. Le 2 juillet, elle ouvre dans l'Orangerie du Sénat à Paris, inaugurée par le Président. C'est une version complète que j'ai élargie (thématique, sélection par pays, histoire chronologique en une image de chaque membre, vintages). J'avais peur. Pas de langue de bois, tout y est, les conflits et les haines, comme les échanges sous les aspects les plus quotidiens. Gros catalogue (288 pages). Réactions excellentes et lieu de rêve, irréel en plein Paris. Grande gentillesse des personnes en charge du dossier au Sénat et compétence de l'équipe d'Alinari. Réception le soir à l'ambassade d'Italie où mon bambin Victor rampe sur les parquets face au parc, tandis que nous devisons avec l'ambassadeur et son épouse, d'une grande culture et réelle humanité. Temps moite et douce lumière sur pelouse incurvée devant petit théâtre sicilien du XVIIIe siècle. Ce fut un plaisir.
Fous littéraires et artistiques
Pour être honnête, ce premier numéro de revue (quelle idée préhistorique...) doit tout à nos deux Marc (Ways et Décimo), aidés d'André Stas et de Tanka G. Tremblay. Mais je préside --et figure parmi les co-fondateurs-- le conseil scientifique de cet Institut, qui tient à l'initiative et à la volonté première de Marc Ways. Voilà, dans nos temps de normalisation accélérée, une entreprise coopérative heureuse et salutaire (contactez-moi dans "vos réactions", sans forcément mettre d'image, si vous voulez acheter le numéro ou suivre nos activités). Elle aura des suites. Nous projetons des journées, expositions, films... La folie, la déviance et l'excentricité littéraires au sens de Queneau et Blavier nous occupe. Mais dans des perspectives élargies, tant du point de vue de l'acception "folie littéraire" que de l'ouverture vers toutes les expressions plastiques (dépassant juste la notion d'"art brut"), peinture, photo, cinéma, bande dessinée, musique... Il faut en effet ouvrir le prisme alors que les impératifs de rentabilité abrasent les différences. Nous sommes les fromages au lait cru, face à l'industrie alimentaire ! Rejoignez-nous !
Pas de guerre de civilisation, une guerre de modèles
La peur des images
C'est le seul film que j'assume pour l'instant (en dehors de tous les reportages vidéos). Finalisé aujourd'hui, il date de 2005 et correspond à mon état d'esprit de cette année terrible. Totalement auto-produit, il bénéficie de beaucoup d'apports amicaux, volontaires (Othello Vilgard, Laurent Leveneur, Raphaël Girault...) et involontaires (Alain Resnais, Robert Wyatt, Lao Tseu ou Syd Barrett). Ce film est inclassable : poème philosophique et documentaire. Il dure 50 minutes. C'est une enquête sur les images, intérieures et extérieures, en descendant une rue de Paris, du chic Montmartre à la populaire et métissée Goutte d'Or. Il a été présenté en 2006, dans une première version, au centre d'art contemporain (Casino) du Luxembourg et à Liège, pour une expo d'art moderne (avec un entretien et un extrait pour la télévision belge). Nîmes a voulu le montrer dans ses animations d'art contemporain. J'en ai fait un tirage de 20 exemplaires pour les musées, car c'est une réflexion sur les images qui permet de développer à mon sens le concept d'installation vidéo sérielle. Je n'ai rien contre le fait, pour d'autres publics, de le projeter dans une soirée ou un festival, ou même ponctuellement sur une chaîne télévisée. Né, qu'il vive !
A la fin, Alain Resnais dit : "Bonjour, c'est Alain Resnais. J'ai entendu votre message..."