Economie-croyance et drôle-de-paix
Je reviens (-17) du Canada et rapporte l'urne funéraire de René Dumont, avec des archives précieuses. Ce retour des cendres (sans cendres, déjà dispersées) fut, au matin glauque à Roissy, assez différent de celui réservé à Napoléon. L'époque est à la panique. Et pourtant.
Chaque jour apporte des chiffres irréels, tandis que les uns et les autres courbent la tête en attendant que la mitraille redescende, fauche les masses. Drôle de paix. L'économie est décidément une croyance. Croyance, par psychologie collective, dans un fonctionnement qui n'est qu'un choix convenu. Croyance dans son caractère inéluctable.
Le retour non seulement au local mais à l'individuel montrera que chacun peut peser sur le cours global, comme pour l'information. La confiscation par quelques-uns du destin de milliards d'individus n'est qu'une acceptation par ces milliards d'individus de ce diktat. Cela dessine une organisation qui refuse certes l'accumulation injuste et inefficace de l'argent (sans aucun sens et menant de plus à des périls écologiques), mais aussi le retour des vieilles conceptions étatiques et bureaucratiques. Nous n'en sortirons pas par plus d'Etat, mais par plus d'initiatives locales fédérées.
A chacun de reprendre en mains son destin à portée de vue, pour parler au monde. Une ère micro-macro s'ouvre.